Réussir bovins viande 07 août 2017 à 08h00 | Par Propos recueillis par Cyrielle Delisle

Une formation pour envisager son avenir

La formation « continuer ou se reconvertir », co-animée par la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique et la MSA Loire-Atlantique – Vendée, a été conçue de manière à répondre aux questions des agriculteurs en difficulté qui s'interrogent sur leur avenir professionnel. Entretien avec Patrick Faucher, conseiller transmission à la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique.

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Patrick Faucher, conseiller à la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique.
Patrick Faucher, conseiller à la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique. - © DR

Pouvez-vous nous présenter cette formation « continuer ou se reconvertir » (personnes visées, objectifs…) ?

Patrick Faucher – Historiquement, elle a été mis en place par le Cnasea au début des années 1990. En 1996, l’Adasea et la MSA de Loire-Atlantique ont repris cette mission qui a parallèlement disparu dans de nombreux départements. Cette action a par la suite été menée par la chambre d’agriculture en partenariat avec la MSA. Cette formation, financée par Vivea, le conseil départemental et la MSA Loire-Atlantique – Vendée, est ouverte à tous les agriculteurs, conjoints ou aides familiaux du département et de la région qui s’interrogent sur leur avenir et la poursuite de leur activité, qu’ils soient en difficultés financières, de santé, familiales ou autres. Elle permet, seul ou en couple, de faire le point sur sa situation et d’entrevoir les perspectives d’un nouveau projet personnel et professionnel. Des intervenants apportent un maximum d’informations aux personnes qui se posent des questions. La session se déroule sur trois jours en groupe de 15 participants maximum, 12 à 13 idéalement. La co-animation avec les travailleurs sociaux de la MSA permet une vraie complémentarité des animateurs pour la prise en compte des aspects sociaux et professionnels.

Quelles raisons poussent principalement les participants à suivre cette formation ?

P. F. – En 2016, on a interrogé les participants sur la principale difficulté qui les avait amenés à la formation. Pour 28 % d’entre eux, ce sont des problèmes financiers et économiques, pour 28 % encore des raisons de santé, pour 20 % des motifs familiaux (divorce, veuvage), pour 15 % des soucis personnels et pour 9 % des relations tendues entre associés. il y a souvent plusieurs raisons cumulées.

Toutes les productions du département sont représentées. En 2016, les inscrits étaient pour 63% des hommes, avaient en moyenne 45 ans (entre 35 et 57 ans) et 18 ans d’activité agricole derrière eux. Sur les 43 participants de l’année dernière, 31 avaient déjà pris la décision de cesser leur activité. Il s’agit souvent de personnes qui souhaitent tourner la page.

Pourquoi le choix de formation de groupe ?

P. F. – Une session de trois jours représente plus qu’une formation. C’est un lieu privilégié de partages et d’échanges où les personnes peuvent parler, se sentent en confiance et écoutées, et peuvent exprimer librement leurs préoccupations et poser leurs questions. L’effet dynamique de groupe est très important. Une personne peut par exemple poser une question que l’on n’ose pas poser soi-même… Le personnel et le professionnel sont intimement liés dans ce type de session. L’écoute active entraîne une modification du regard porté sur eux-mêmes, souvent négatif au début de la session.

Une soirée de témoignages d’anciens agriculteurs ayant entrepris une démarche de reconversion est organisée à la fin de la seconde journée. C’est également un temps fort qui redonne souvent confiance aux participants.

Avez-vous constaté des évolutions depuis le début de ces formations (nombre de participants, raisons de leur présence…) ?

P. F. – Depuis la création de la formation, nous avons effectué dans le département 76 sessions, à raison de trois par an, et accueilli 1 109 agriculteurs. Le public a évolué. Jusqu’à 10-15 ans en arrière, les problèmes économiques représentaient la principale raison poussant les participants à venir, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Et depuis deux-trois ans, on a également un nouveau public en lien avec la différence d’âge des couples. En effet, auparavant, lorsque l’homme partait en retraite, son épouse plus jeune reprenait l’exploitation jusqu’à son propre départ. Désormais, on observe une nouvelle tendance où, à la prise de retraite du mari, la femme exprime le souhait de se reconvertir, n’ayant pas envie de poursuivre seule. Les difficultés relationnelles entre associés sont aussi plus souvent exprimées. On constate également une augmentation de l’âge des participants. Ces dernières années, s’expriment beaucoup plus de problèmes de pression, de ras le bol, de burn out. Les agriculteurs se reconvertissaient en majorité dans le para-agricole ; aujourd’hui, les domaines de reconversion sont plus variés : social, para-médical, commercial, industrie, transport... Par ailleurs, si le nombre d’agriculteurs a diminué ces dernières années, le nombre de participants aux sessions reste constant…

- © DR

Patrick Faucher, conseiller d’entreprise à la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique, organise et co-anime la formation « Continuer ou se convertir » depuis 25 ans. Il a également en charge le répertoire départs-installations, les audits de reprenabilité et monte les dossiers d’aides à la réinsertion professionnelle.

Pour en savoir plus : site formation des chambres d'agriculture Pays de Loire.

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