Réussir bovins viande 16 septembre 2014 à 08h00 | Par Propos recueillis par Cyrielle Delisle

Une étude prospective de l'Inra pour « des élevages productifs, durables et compétitifs »

Une étude réalisée par l’Inra a permis d’éclaircir les différents enjeux à relever par la filière bovins viande. Trois questions à Jacques Agabriel de l'Inra.

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Jacques Agabriel, ingénieur à l’Inra anime l’unité mixte technologique systèmes allaitants fourrage et environnement UMT SAFE basée à Theix (Puy-de-Dôme).
Jacques Agabriel, ingénieur à l’Inra anime l’unité mixte technologique systèmes allaitants fourrage et environnement UMT SAFE basée à Theix (Puy-de-Dôme). - © S. Bourgeois

. Quel est le contexte de cette étude(1), son objectif ?


Jacques Agabriel - Pour faire face aux enjeux de demain — agricoles, alimentaires, énergétiques, environnementaux et sociaux — le commissariat général à la stratégie et à la prospective (CGSP) a confié à l’Inra une étude destinée à analyser, par filière, les possibilités d’évolution des pratiques et des systèmes agricoles français, vers des systèmes de production agricoles plus durables, conciliant performances productives, économiques, environnementales et sociales. Une analyse du contexte et des leviers à mettre en action a été conduite sur l’ensemble des maillons de la filière. Les principales voies de recherche à développer y sont également exposées. Nous avons réfléchi en termes d’enjeux pour atteindre une meilleure production allaitante, autrement dit améliorer sa compétitivité, comprendre et augmenter les performances environnementales, permettre la sécurisation économique et fourragère face aux aléas, dans un contexte d’acceptation sociale.


. Quelles sont les principales voies de recherche à développer ?


J. A. - Pour répondre à l’enjeu de production à la fois en viande et en maigre, des moyens sont à mettre en place au niveau de l’exploitation (adaptation aux marchés, aux aléas climatiques et au facteur main-d’œuvre), mais également au niveau de la recherche. Ces dernières années, le format et le poids des vaches adultes ont régulièrement augmenté. Plus l’adulte est lourd, plus la vitesse de croissance au jeune âge est élevée. Or, l’augmentation du format se heurte à la nécessité d’accroître la densité énergétique des rations des jeunes pour qu’ils expriment tout leur potentiel de croissance. C’est pourquoi, l’Inra réfléchit à conserver les atouts de la vitesse de croissance et la productivité, en ayant besoin de moins de concentrés, c’est-à-dire en augmentant la précocité et la production laitière qui doit profiter au veau. La précocité c’est parvenir à un état adulte plus précocement, plus vite donc, tout en gardant le poids adulte actuel. Pour le lait, un litre supplémentaire correspond à 80 - 90 grammes de croissance en plus. D’autre part, avec du lait et par rapport au concentré, la croissance du broutard est moins riche en lipides ce qui est plus favorable ultérieurement en engraissement.
Autre interrogation : comment avoir des animaux productifs et robustes, c’est-à-dire capables de s’adapter aux aléas, notamment liés aux variations de la production d’herbe ? Pour répondre à cette question et savoir mesurer cette aptitude, on étudie les réponses des vaches et leur efficience selon l’importance de leurs tissus adipeux dans des environnements changeants.


. Quels sont les enjeux relevés à l’échelle de l’exploitation ?


J. A. - Pour améliorer l’efficience économique, une réflexion sur les moyens de production est à mener. Elle passe tout d’abord par une maîtrise des coûts et de l’investissement, de mécanisation particulièrement. On constate en effet dans les réseaux une forte hausse des dépenses sur ce poste qui est à mettre en lien avec la simplification des pratiques. L’éleveur doit ainsi s’interroger sur l’optimisation des moyens de production au sein de l’élevage. On observe également beaucoup d’investissement dans le bâtiment. Peut-être faut-il aller vers des solutions plus simples comme les parcs stabilisés d’hivernage. L’efficience économique passe également par une amélioration de l’autonomie fourragère. Une réflexion est à engager sur le système fourrager et sur la place du pâturage en particulier (espèces fourragères et davantage d’herbe dans la ration). L’élevage bovins viande devra également relever un enjeu environnemental. L’intégration des innovations (élevage de précision) représente également un challenge. On peut imaginer par exemple incorporer des technologies permettant de mieux connaître la prairie, son offre alimentaire…

(1) L’intégralité de l’étude « vers des agricultures à hautes performances » se trouve sur : www.inra.fr/rapport-agricultures-hautes-performances.

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