Réussir bovins viande 06 mai 2005 à 18h31 | Par Michel Portier

Travail du sol moins profond - Un compromis entre travail simplifié et conventionnel

Les constructeurs développent des charrues dites « agronomiques » permettant des labours moins profonds, sorte de compromis entre le travail simplifié et le labour conventionnel.

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Face au développement accéléré des techniques culturales simplifiées, la technique du labour évolue vers un travail moins profond. De nouvelles solutions techniques autorisent même la pratique d´un labour superficiel (profondeur proche de celle d´un déchaumage) tout en conservant l´action de retournement caractéristique du labour (enfouissement des résidus, du couvert, des adventices.).
Le labour évolue pour s´adapter aux nouvelles pratiques et pour diminuer son coût. ©Bertaud & Associés

Une solution pour les échecs en non labour
L´enfouissement profond est souvent décrié car il est source d´amas de résisdus en fond de raie, néfaste à la dégradation de la matière organique et parfois à l´enracinement de cultures. Dans le cas des nouvelles charrues à faible largeur de socs, l´enfouissement est beaucoup moins profond - de 8 à 15 centimètres en moyenne - et se répartit sur le profil (absence de rasettes). Pour les plus faibles profondeurs, un mélange de la matière organique se substitue plutôt à l´enfouissement. On parle parfois de « charrue déchaumeuse ».
Cette nouvelle génération de charrue est en quelque sorte un compromis entre les techniques culturales simplifiées et le labour conventionnel.
« On limite certains problèmes reprochés au labour, notamment lorsqu´il est profond » constate Jérôme Labreuche d´Arvalis-Institut du Végétal.

Il rappelle au passage les avantages d´un travail superficiel suivant les types de sol : « en sols caillouteux, le travail moins profond remonte moins de cailloux. Dans l´argile, ces charrues génèrent moins de mottes. Encore, en réduisant la dilution de la matière organique, on diminue la battance ».
Dans certains cas, la suppression du labour peut se solder par des échecs, notamment en terme de gestion des résidus et des adventices ou encore de certaines maladies fongiques. Revenir au labour superficiel peut être une solution en cas d´échec en non labour. Ce retour en arrière est courant en agriculture biologique où le désherbage chimique est absent.

Vingt centimètres avec une charrue classique
Là encore, le labour superficiel est un compromis. « L´enfouissement moins profond n´est pas efficace pour certaines adventices » déplore le spécialiste. D´autres différences apparaissent par rapport à un labour standard, « le travail n´est pas forcément adapté à des systèmes qui génèrent des compactions importantes. Les fonctions de nivellement et surtout de reprise des problèmes du tassement profond ne sont pas assurées, explique Jérôme Labreuche. La solution serait d´associer un passage de décompacteur mais elle ne peut se justifier économiquement. » Ajoutons que le travail de ces charrues est fortement compromis lorsque la densité des résidus végétaux est trop importante comme derrière un maïs grain.
Le labour conventionnel est ainsi plébiscité dans de nombreuses situations d´autant plus que les pratiques évoluent vers une profondeur de travail moins importante. En travaillant à vingt centimètres, les incidences agronomiques négatives sont atténuées et l´on diminue le coût du labour.

Parallèlement, la tendance est à l´augmentation de la largeur de travail. Les charrues à largeur variable autorisent un réglage de l´écartement jusqu´à 20 pouces. Jérôme Labreuche regrette que « cette évolution de l´écartement entraîne la formation d´un lit de paille en fond de raie qui limite la dégradation de la matière organique ».
Avec la diminution de la profondeur de travail, certains constructeurs développent des évolutions techniques destinées à enfouir de manière optimale les résidus et engrais verts sans broyage préalable. Les gains de temps et d´argent sont indéniables à première vue mais quelle est la valorisation de cette matière organique enfouie qui ne subit pas de dégradation mécanique ?

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