Réussir bovins viande 29 octobre 2007 à 12h22 | Par François d´Alteroche

Reproduction - Des Limousines bio lourdes et fécondes à la ferme expérimentale de Thorigné d´Anjou

Premier vêlage à trente mois et deux périodes de vêlages séparées d´au moins quatre mois : telles sont les règles à la ferme expérimentale de Thorigné d´Anjou.

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Les Limousines présentes sur les prairies de la ferme expérimentale bio de la chambre d´agriculture du Maine-et-Loire, à Thorigné d´Anjou, affichent des résultats supérieurs à la moyenne régionale en matière de performances de reproduction. Sur cette exploitation conduite en agriculture biologique depuis 1998, les 63 vaches du troupeau sont sous la responsabilité de Jean-Paul Coutard avec une double période de vêlage (du 20 août au 10 novembre et du 1er mars au 10 mai). « Et il y a un vrai trou entre les deux ! », souligne Jean-Paul coutard, qui est très strict dans les dates de retrait des taureaux des lots de femelles. « Je suis partisan d´une période de reproduction avec une date d´entrée et de sortie du troupeau très précise pour les taureaux. Pour moi, une période de vêlages, c´est trois mois maximum. Sans cette discipline, on finit par avoir des vêlages toute l´année avec de mauvais résultats sur les IVV. »
Dans une zone où les prairies sont sèchantes, le vêlage de printemps peut pénaliser le niveau de lactation des mères, ce qui n´a pas été le cas cette année ! ©F. d´Alteroche

Produire des vaches jeunes
La décision de réforme est ensuite sans pitié pour les vaches vides, sans faire aucune exception quel que soit le niveau des IVMAT. Pour cela, les diagnostics de gestation sont systématiques à l´issue de la période de mise à la reproduction. « Par exemple, toutes les vaches en vêlage d´automne sont échographiées avant la mise à l´herbe, de façon à ne pas perdre de temps sur les dates de mise à l´engrais. »
En tenant compte des petites variations annuelles, les vêlages d´automne sont centrés du 20 au 25 septembre et du 20 au 25 mars pour ceux de printemps, soit exactement six mois entre les deux.

Outre la simplification de la conduite, ce choix d´avoir des périodes de vêlage les plus courtes possible correspond à un objectif sanitaire, mais aussi de mise en lot pour certaines expérimentations. Les années où la météo est favorable à une mise à l´herbe précoce, les veaux d´automne sortent en pâture au premier mars et laissent plus de place en stabulation pour les femelles en vêlages de printemps. Le taux de renouvellement avoisine les 35 % en mettant pratiquement toutes les génisses à la reproduction avec tri après le premier vêlage. L´objectif est d´avoir un premier vêlage à 30 mois pour profiter du progrès génétique, limiter la période improductive des femelles et produire des vaches jeunes. Objectif réussi : 54 % des femelles sont abattues à moins de 5 ans et 79 % à moins de 7 ans. « Une génisse qui naît à l´automne vêle au printemps et inversement. Avec une petite exception pour les femelles vraiment exceptionnelles question ascendance qui, si elles ne remplissent pas à 20 mois, bénéficient d´une seconde chance et basculent dans le lot suivant », précise Jean-Paul Coutard.
Pour le lot mis à la reproduction le 10 novembre, toutes les génisses et une partie des vaches sont inséminées avant que les taureaux ne soient utilisés pour les retours. Pour le lot en vêlage de printemps, seules les génisses sont inséminées. « Suivant les années, on fait des IA sur environ la moitié des vaches du troupeau. Question choix génétique, l´objectif est d´avoir des animaux de type mixte avec pour les vaches du lait et des vêlages faciles. Pour les dernières campagnes d´IA, on a beaucoup utilisé Highlander sur génisses, et Ionesco et Eleazar sur les vaches. »
Les taureaux très améliorateurs sur la croissance et le développement, mais détériorateurs sur les facilités de naissance, type Mas du Clo, sont évités pour ne pas perdre sur les facilités de vêlage. « Ce type de taureau augmente trop le poids de naissance. Sur une génération, ça irait, mais je me méfie de l´effet cumulatif », souligne Jean-Paul Coutard.
Des doses de taureaux de monte naturelle évalués en ferme et prélevés après connaissance de leur indexation iboval sont également utilisées. Plusieurs vaches ont par exemple été inséminées avec Manoir cette année.

Limiter la période improductive
Analysés sur plusieurs campagnes consécutives, les résultats des performances de reproduction du troupeau de la ferme expérimentale ont été mis en parallèle avec des références régionales (voir tableau ci-joint). Autant de chiffres qui mettent en avant un gain de deux semaines pour l´IVV et de trois mois sur l´âge au premier vêlage, avec également de meilleurs poids de carcasses sur les femelles. Seule lacune par rapport aux chiffres régionaux : une mortalité des veaux supérieure. « Mais sur ce volet aussi on s´améliore. On était respectivement à 3,1 et 6,5 % de mortalité sur les deux dernières campagnes. »

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