Réussir bovins viande 03 octobre 2007 à 14h55 | Par Sophie Bourgeois

Race charolaise - Le niveau alimentaire appliqué joue sur toute la carrière des vaches

L´impact du niveau alimentaire sur les génisses et sur la carrière des vaches charolaises est étudié depuis les années 90 à la station Inra du Pin dans l´Orne. Il en ressort que deux stratégies alimentaires sont techniquement efficaces.

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A la station expérimentale de l´Inra du Pin-au-Haras dans l´Orne, 190 génisses charolaises ont été élevées selon quatre modalités de niveaux alimentaires de leur naissance à leur abattage. Toutes ont été conduites pour un premier vêlage à trois ans avec reproduction par monte naturelle entre avril et mi-juillet (vêlages de fin d´hiver).
Trois niveaux de croissance (haut, moyen et bas) ont été appliqués de l´âge de trois mois à l´âge de trente mois, en adaptant les rations hivernales et la conduite du pâturage. Par exemple, l´hiver de leur un an, les génisses du lot à niveau alimentaire bas gagnaient 200 grammes par jour, celles du lot moyen 500 grammes par jour et celles du lot haut 700 grammes.
Le niveau alimentaire appliqué en phase d´élevage et de reproduction a des conséquences sur le format des femelles et sur leurs performances. ©S. Bourgeois

Rattrapage au pâturage
« A la mise à l´herbe, il y avait 100 kilogrammes de poids vif d´écart entre les lots `bas´ et les lots `haut´ », commente Dominique Dozias de l´Inra. « Seulement 50 % du gain de poids vif annuel était réalisé pendant les sept mois de pâturage pour le lot à niveau alimentaire haut, contre 90 % pour le lot à niveau alimentaire bas. »
Et ceci bien qu´au pâturage, les expérimentateurs ont volontairement empêché l´expression totale de la croissance compensatrice pour étudier l´impact des écarts de croissance sur la carrière des vaches.
A partir de l´hiver du premier vêlage, deux niveaux alimentaires étaient définis : le niveau haut représentant la couverture des besoins alimentaires, et le niveau bas correspondant à un rationnement inférieur de 1,5 UF aux besoins. Au pâturage, les deux lots avaient la même conduite pendant la période de reproduction puis après la mi-juillet, le lot à niveau alimentaire haut était conduit de façon comparable à un lot de vaches laitières, c´est-à-dire avec une offre d´herbe en très bonnes quantité et qualité.

Taux de gestation inférieur en conduite « haute »
Dans la première configuration, le gabarit des vaches (100 kilos de plus de poids vif que celles conduites en niveau alimentaire bas) entraîne des besoins d´entretien et de lactation nettement plus importants. La lactation dure aussi un peu plus longtemps car elles remplissent un peu plus tôt (d´un demi-cycle en moyenne). Par contre, à la réforme, elles affichent près de 50 kilos de poids vif, soit 36 kilos de carcasse de plus. Ceci représente un produit supplémentaire important à l´échelle de l´élevage. En contrepartie, les vaches conduites à ce niveau ont présenté nettement plus fréquemment que les autres de mauvaises conditions de vêlage, notées 3 et 4, lors des troisièmes et quatrièmes vêlages. Ceci leur confère un certain handicap du côté des performances de reproduction à l´échelle de leur carrière.
« Nous mettions à la reproduction toutes les vaches, c´est-à-dire y compris celles qu´un éleveur aurait réformé après un vêlage difficile. Nous avons alors observé que le taux de gestation était stable à 90 % quel que soit le rang de vêlage pour le lot à niveau alimentaire bas, alors que pour le lot à niveau alimentaire haut, il était de 83 % en deuxième mise à la reproduction, et de seulement 75 % en troisième mise à la reproduction. »
A partir de la quatrième, les deux lots ont présenté des résultats similaires (92 % de gestation). Et au final, une génisse introduite dans le troupeau de reproductrices en conduite « haute » a fait naître 2,2 veaux en moyenne contre 2,7 veaux en conduite « basse ».

Un impact important sur les premières lactations
Dans toutes les conduites étudiées, la croissance des veaux s´améliore avec le rang de vêlage. Dès le premier veau, le lot à niveau alimentaire haut montre de bonnes et régulières performances « en rapport direct avec la quantité de lait produite ». Le lot à niveau alimentaire bas par contre est celui dont la croissance des veaux augmente le plus avec le rang de vêlage par rapport aux conduites intermédiaires. En quatrième lactation, la croissance des veaux a rattrapé le niveau de ceux nés des vaches en conduite alimentaire haute.
Un métabolisme qui s´adapte
« Tout se passe comme si le métabolisme de ces vaches s´était adapté au fil des ans et devenait plus efficace pour transformer l´alimentation en lait, après la couverture de leurs besoins d´entretien. Au moment de l´engraissement aussi, nous nous sommes aperçus qu´elles étaient légèrement plus grasses que celles conduites différemment » note Dominique Dozias. Par contre, ce niveau alimentaire bas se situe probablement assez près du point de rupture de ce qu´une charolaise peut supporter. Seulement 40 % d´entre elles ont été conservées jusqu´à la fin de la quatrième lactation et plusieurs ont déclaré des fractures conduisant à leur réforme (deux fois plus fréquemment que celles du lot à niveau alimentaire haut).



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