Réussir bovins viande 30 mars 2016 à 08h00 | Par Annick Conté

Partager les données pour leur donner de la valeur

L’idée d’une plateforme numérique, pilotée par le monde agricole, sur laquelle remonteront toutes les données issues des exploitations fait son chemin.

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Un portail piloté par le monde agricole. Si ce ne sont pas les organismes agricoles qui le font, d’autres le feront.
Un portail piloté par le monde agricole. Si ce ne sont pas les organismes agricoles qui le font, d’autres le feront. - © Jan Van de Vel/Commission européenne

La question de la propriété des données est un faux problème. La donnée en soi n’a pas de valeur. C’est l’usage qu’on en fait qui fait la valeur, a affirmé en substance l’avocate Michèle Salczer lors d’une journée sur le big data et son utilisation en élevage, organisée le 11 février dernier par Allice (ex-UNCEIA) et Agenae. On est devant une révolution. Le volume de données générées par les nouvelles technologies (données satellitaires, génotypage, robots, mélangeuses, données satellitaires, et capteurs en tout genre…) sera de plus en plus énorme. Et les perspectives offertes par l’analyse de toutes ces données sont colossales, autant pour améliorer les performances de production que pour gérer les risques. Elles seront démultipliées si l'on fait "parler les données" entre elles.

En tirer des indicateurs pour améliorer les performances

" Il faut rentrer dans une logique de partages et ouvrir un portail où toutes les données des agriculteurs seront rassemblées et mises à la disposition des opérateurs des filières , défend Jean-Marc Bournigal, président de l’Irstea (1). Un portail piloté par le monde agricole." Ceci pour éviter les phénomènes de captation déjà en train de se mettre en place. « Si ce ne sont pas les organismes agricoles qui le font, d’autres le feront », avertit-il en citant l’exemple de Monsanto qui vient de racheter une entreprise de traitement des données météo. « Cela ne signifie pas que les données seront gratuites. Il faudra définir les conditions d’accessibilité.»

La difficulté  de mettre en place un tel portail n’est ni d’ordre technique, ni d’ordre financier. Sa gestion n’est pas extrêmement coûteuse, de l’ordre de quelques centaines de milliers d’euros par an une fois lancé. Les blocages viennent de ce que chacun défend son pré carré. La réflexion autour d’une « coopérative » du Data pilotée par les OPA est en cours. « La question de la gouvernance sera essentielle », souligne Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA.

Il reste à mettre tous ces beaux constats en œuvre et vite. Aux Pays-Bas, « garder les données pour soi c’est fini », affirme Roald van Noort, directeur de CRV (entreprise néerlandaise de génétique bovine). Le concept d’autoroute numérique  avec des vaches connectées au cloud via les capteurs de rumination, les podomètres, les compteurs à lait… est là-bas déjà en route.

(1) Institut de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture.

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