Réussir bovins viande 27 août 2015 à 08h00 | Par Propos recueillis par Bernard Griffoul

« Nous redoublons d'efforts pour recruter de nouveaux éleveurs »

La pyramide des âges des éleveurs de veaux sous la mère laisse craindre une chute de la production. L'association Le Veau sous la mère s'efforce de recruter des jeunes, et vise également à reconvertir des producteurs de broutards et des éleveurs laitiers. Témoignage de son animateur.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Francis Rousseau, animateur de l'association Le Veau sous la mère
Francis Rousseau, animateur de l'association Le Veau sous la mère - © B. Griffoul

L'association "Le Veau sous la mère" lance, via la presse agricole et régionale, une nouvelle campagne de recrutement d'éleveurs. Pourquoi ?

Francis Rousseau - Nous avons absolument besoin de mettre les bouchées doubles sur le recrutement de nouveaux producteurs. Le "papy boom" nous guette ! En 2014, une étude a montré que les deux tiers des éleveurs de veaux sous la mère ont plus de 45 ans. Parmi les plus de 50 ans, dont un quart ont plus de 60 ans, la moitié n'auront pas de repreneur. Plus d'un tiers de la production est menacée d'ici huit à dix ans. Le bilan cessations moins installations s'est amélioré ces dernières années, mais, nous redoutons les années à venir car la pyramide des âges n'est pas bonne. Il y a aujourd'hui 4 500 producteurs de veaux dont 3 550 sous label rouge, et de l'ordre de 75 installations par an alors qu'il en faudrait 30 à 40 supplémentaires. Il y a d'autant plus urgence que nous n'arrivons déjà pas à satisfaire la demande, sans parler de la demande potentielle supplémentaire.

Vous ciblez plus particulièrement les jeunes avec un projet ou en cours d'installation, les producteurs de broutards et les éleveurs laitiers. Pourquoi ?

F. R. - Nous voulons essayer de récupérer des jeunes qui ont un projet d'installation en production de viande bovine, notamment des hors cadres familiaux. Ces derniers sont souvent très motivés et n'ont pas d'a priori pour assimiler les conseils et se former. Nous ciblons également les éleveurs de broutards pour en inciter certains à évoluer vers un système mixte, en diversifiant une partie de la production aux périodes où nous avons le plus besoin de veaux, de la fin de l'automne au début du printemps. Nous nous intéressons beaucoup aussi aux éleveurs laitiers qui cherchent à se reconvertir en viande bovine, en particulier ceux qui n'arrêtent pas la production laitière pour des raisons de rythmes et d'horaires de travail. Une cinquantaine ont déjà franchi le pas ces trois dernières années. Ils ont tous les atouts pour bien réussir dans cette production.

Dans quelles régions recherchez-vous ces nouveaux éleveurs ?

F. R. - Nous voulons les recruter en priorité dans le bassin de production actuel, à savoir le grand Sud-Ouest, là où la filière est structurée pour labelliser les veaux. Mais, nous sommes prêts à étudier la mise en place de micro-filières partout ailleurs si des éleveurs peuvent se grouper pour offrir un potentiel minimum de 500 veaux par an.

Quels sont vos arguments pour convaincre de nouveaux éleveurs ?

F. R. - L'avenir de la production est assuré. On n'est pas prêts d'être en surproduction. Situé sur un marché de niche haut de gamme, le veau sous la mère ne connaît ni les crises ni les dépressions agricoles mondiales. Depuis trente ans, les prix sont remarquablement stables en euros constants (plus de 8 euros en moyenne par kilo carcasse actuellement). De toutes les productions bovines allaitantes, c'est celle qui offre la meilleure rentabilité à l'hectare d'herbe et à la vache. De plus, nous avons fait d'énormes efforts pour améliorer les techniques de production et les conditions de travail, assouplir l'astreinte... Les nouvelles salles de tétée ont beaucoup simplifié cette tâche. Des services spécialisés de remplacement et des groupements d'employeurs se créent... Nous avons mis en place un réseau de 120 éleveurs parrains pour accompagner les nouveaux producteurs. Le veau sous la mère est devenu une production aussi vivable que les autres et elle est valorisante parce qu'on fait un produit fini. La filière est très organisée et assure une bonne redistribution de la plus-value. Bref, c'est une production qui n'est plus ringarde et qui garantit un revenu très satisfaisant, particulièrement pour les petites et moyennes exploitations.

- © DR

L'association Le Veau Sous La Mère rassemble l'ensemble des opérateurs engagés dans la filière dans l'objectif d'oeuvrer au développement de la production et à la valorisation économique du produit.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Bovins Viande se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 22 unes régionales aujourd'hui