Réussir bovins viande 20 septembre 2013 à 09h51 | Par Propos recueillis par Bernard Griffoul

« Nous avons retrouvé la fierté du métier d'éleveur » se réjouit le président de l'Irva

Le veau d'Aveyron et du Ségala a 20 ans. Son interprofession, l'Irva, a été fondée par le charismatique Daniel Carrié. Patrick Mouysset, qui lui a succédé en 2007, analyse les raisons d'un succès.

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Éleveur dans l’Aveyron, Patrick Mouysset est le président de l’Irva, l’interprofession régionale du veau d’Aveyron et du Ségala.
Éleveur dans l’Aveyron, Patrick Mouysset est le président de l’Irva, l’interprofession régionale du veau d’Aveyron et du Ségala. - © B. Griffoul

. La filière veau d'Aveyron et du Ségala a fêté ses 20 ans. D'où est venue l'idée d'identifier cette production ?


Patrick Mouysset - « En 1988, des producteurs de la filière ont fait un voyage précurseur en Italie, pays qui était devenu le principal débouché du veau de notre région. Ils ont fait le constat que la production avait dérivé par rapport à la demande italienne. Elle n'était pas homogène, les veaux étaient souvent sevrés et de plus en plus lourds. De là est née l'idée d'organiser et encadrer cette production de qualité, ancrée dans son territoire, pour sauver les marchés. Ces producteurs ont créé l'Interprofession régionale du veau d'Aveyron et du Ségala (IRVA) en 1989, puis ils ont écrit un premier cahier des charges avec la volonté de le faire reconnaître officiellement. Le label rouge a été obtenu en 1993 et une marque a été créée pour identifier la production autour d'un nom capable de rassembler tous les producteurs, quel que soit leur département : Veau d'Aveyron et du Ségala. L'IGP a été obtenue en 1996. »



. Le veau d'Aveyron et du Ségala a acquis reconnaissance et notoriété. Comment expliquez-vous ce succès ?


P. M. - « Encadrer un produit est une chose, mais il faut aussi pouvoir le produire et savoir le vendre. La force du veau d'Aveyron et du Ségala a été de s'organiser en filières qui rassemblent producteurs, abatteurs, transformateurs et distributeurs, d'avoir été à l'écoute de tous les maillons de la filière et d'avoir su se faire confiance. Ce n'était pas évident d'arriver sur le marché français avec un veau rosé. Mais c'est aussi cette spécificité de viande rosée et de goût qui a fait notre force, à partir du moment où nous avons su aller au-devant du consommateur pour lui expliquer que nous proposions un veau différent, par sa couleur et son goût. Savoir encadrer un produit, savoir le mettre en avant, savoir communiquer auprès du consommateur, lui proposer un produit qui correspond aussi à ses attentes sociétales et environnementales, assurer la régularité de la production, organiser le marché... voilà sans doute les secrets du succès. Cette réussite a permis aussi à nos jeunes de s'identifier à un produit et à leur métier d'éleveur. Hier, on était éleveur, avec parfois un peu de honte, aujourd'hui, nous sommes éleveurs de veau d'Aveyron et du Ségala et nous avons retrouvé la fierté. »

A l'occasion des 20 ans du veau d'Aveyron et du Ségala, fêtés le 20 juin dans le village de Sauveterre-de-Rouergue dans l'Aveyron, l'exposition de photos itinérante de Thierry des Ouches  a été présentée.
A l'occasion des 20 ans du veau d'Aveyron et du Ségala, fêtés le 20 juin dans le village de Sauveterre-de-Rouergue dans l'Aveyron, l'exposition de photos itinérante de Thierry des Ouches a été présentée. - © B. Griffoul

. Comment évoluent les ventes ?


P. M. - « En 2012, avec 18 200 veaux en pré-label, nous avons progressé de 6,75 % dans un marché du veau à -4 %. Et, pour le premier semestre 2013, nous sommes à +8 %. Les points de vente augmentent leurs volumes et de nouveaux lieux de vente s'ouvrent, aussi bien en boucheries traditionnelles qu'en grandes surfaces ou dans la restauration hors domicile. Une étude de notoriété, réalisée sur internet, a montré que 30 % des consommateurs audités en ligne connaissent le veau d'Aveyron et du Ségala. »


. Quels sont les enjeux de la filière pour les années à venir ?


P. M. - « Un des enjeux porte sur l'installation des jeunes éleveurs. Nous devons être capables de les séduire en leur proposant une production conforme à la vie sociale d'aujourd'hui. Nous devons aussi leur transmettre notre fierté du métier et leur montrer le côté positif et rassurant des démarches collectives. Nous allons aller à leur rencontre, dans les écoles, dans des forums... y compris de non-agriculteurs. Avec un âge moyen de 46 ans, la pyramide des âges n'est pas dramatique, mais nous devons anticiper cette capacité à produire demain. Nous sommes en train de recenser ce qu'il en est du renouvellement des générations afin de proposer des solutions permettant d'améliorer les conditions de vie et de donner un attrait à ce métier. Un des enjeux va être aussi de nous adapter aux nouvelles formes de distribution que sont le web ou les drives... »

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