Réussir bovins viande 19 novembre 2014 à 08h00 | Par François d'Alteroche

Ne pas transformer nos atouts en handicaps pour l'exportation vers les pays tiers

Vendre de la viande sur les pays tiers est difficile. Attention à ne pas transformer nos atouts en handicaps.

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La traçabilité des viandes françaises et la qualité sanitaire de notre cheptel sont des atouts qu’il convient de mettre en avant.
La traçabilité des viandes françaises et la qualité sanitaire de notre cheptel sont des atouts qu’il convient de mettre en avant. - © F. d'Alteroche

Pas facile de se positionner à l’exportation sur le marché de la viande hors des frontières de l’Europe lorsque l’on se retrouve face à des concurrents comme l’Inde et son désossé congelé à 1,50 euro du kilo ! « La chance de la France est d’avoir su segmenter son marché par le haut, dans nos grandes et moyennes surfaces. Il faut continuer. Mais quand on va sur les pays tiers, le premier outil de segmentation est encore et toujours très souvent le prix. Cela fait partie des données à ne pas ignorer », soulignait Philippe Dumas, président de Sicarev à l’occasion d’une table ronde sur l’export organisée à l’initiative de Coop de France au Sommet de l’élevage.
Mettre en avant les spécificités des viandes issues du cheptel allaitant dans les pays émergents où le pouvoir d’achat va croissant est une solution, mais nous ne serons pas seuls sur ce créneau. « L’Irlande a mis en place des stratégies marketing innovantes avec de l’Angus et de la Hereford en affichant le côté « à l’herbe » dans la conduite d’élevage », expliquait Caroline Monniot, agroéconomiste à l’Institut de l’élevage. D’autres pays proposent des démarches similaires associées à un marketing agressif en visant les créneaux rémunérateurs en Asie et au Moyen-Orient. Là, les spécificités de l’Angus sont plus visibles et surtout mieux « marketées » que celles du Charolais ou du Limousin.

Caroline Monniot, agroéconomiste à l'Institut de l'élevage, et Philippe Dumas, président de Sicarev.
Caroline Monniot, agroéconomiste à l'Institut de l'élevage, et Philippe Dumas, président de Sicarev. - © F. d'Alteroche

La France continue à traîner le lourd fardeau de l’ESB


La traçabilité des viandes françaises et la qualité sanitaire de notre cheptel sont des atouts qu’il convient de mettre en avant. Mais à cet égard, plus de quatorze ans après les faits, la France continue à traîner le lourd fardeau de l’ESB. Certes la bonne nouvelle annoncée au Sommet de l’élevage a été la suppression des tests à compter du premier janvier prochain pour les animaux nés après le premier janvier 2002. Mais ne pas les avoir totalement supprimés peut être interprété comme un motif à suspicion.
« Certains pays potentiellement clients nous disent : ‘Vous continuez les tests et vous avez des MRS. Cela veut donc dire que vous n’êtes pas certains d’avoir totalement résolu le problème de l’ESB. Dans ces conditions, on préfère aller voir vos concurrents’ », expliquait Philippe Dumas.
Sous-entendu, le sanitaire peut être un argument pour aller prendre des marchés, mais attention aussi à ce qu’il ne deviennent pas un handicap en voulant en permanence laver plus blanc que blanc. Nombre de nos concurrents sont moins regardants sur ces volets et en profitent surtout pour nous prendre des marchés.

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