Réussir bovins viande 26 janvier 2018 à 01h00 | Par Sophie Bourgeois

Le Sabot d'or pour une référence de la race Charolaise

Luc Houdmon, dans le Loiret, conduit son troupeau à 100 % en IA, avec toujours le souci premier de conserver les bonnes lignées de qualités maternelles. Il est très engagé dans les schémas collectifs de sélection. De nombreux taureaux d'IA sont issus de son élevage.

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Jérôme Laviron, Luc Houdmon et son père Roger. Le troupeau affiche un niveau moyen d'AVel à plus de 109, parmi les meilleurs de la race.
Jérôme Laviron, Luc Houdmon et son père Roger. Le troupeau affiche un niveau moyen d'AVel à plus de 109, parmi les meilleurs de la race. - © S. Bourgeois

Cette année, le sabot d'Or Charolais récompense un élevage faisant référence dans la race : l'EARL Houdmon. Luc Houdmon exploite 130 hectares, dont 90 de prairies, à Ouzouer-sur-Trézée dans le Loiret. Les parents de Luc Houdmon avaient créé cet élevage en 1967, à partir des six vaches reprises avec la ferme. « L'une d'elles, venant de l'Allier, était assez bonne, raconte Roger Houdmon. Nous sommes partis tout de suite avec un petit troupeau aux bonnes qualités maternelles, dont a été issu Amoureux, puis une de ses petites filles, Ritournelle. Ritournelle a été la mère de Casoar et Jumper. Elle aura produit huit veaux et environ cent-cinquante embryons. On a eu aussi Charlemagne, dont une des filles a donné dix-sept veaux en douze vêlages. »

De nombreux autres taureaux d'IA sont nés dans l'élevage, après Casoar et Jumper : Rouky, Unmarquis, Voltaire, Chabal, Eden SC... « Actuellement, le nombre de vêlages est entre 70 et 74, et les objectifs de sélection sont restreints et clairs : cumul sur les qualités maternelles - AVel et ALait - et la croissance », explique Luc Houmon.

Cinq à dix veaux par an en station d'évaluation

L'élevage est adhérent au contrôle de performances depuis 1970. Chaque année, entre cinq et dix veaux sont sélectionnés pour entrer à la station d'évaluation de l'Union Charolais croissance (UCC) à Migennes, dans l'Yonne. L'élevage Houdmon a d'ailleurs été des plus présents dès la création des stations d'évaluation de l'UCC, il y a plus de trente ans. « Je crois beaucoup à l'évaluation en station, développe Luc Houdmon. Elle infirme ou confirme ce que l'on pense a priori d'un mâle. » Par exemple, Savane, quand elle était laitonne, n'avait pas vraiment convaincu son éleveur. Mais son premier veau, un mâle, s'est révélé, pour réaliser une belle carrière à l'IA. C'était Voltaire. Et Savane a par la suite donné Chabal, qui détient toujours le record d'Imocr de la station d'évaluation, avec 132. « Fronsac, d'ailleurs un petit-fils de Savane, illustre lui aussi très bien ceci. Je n'aurais pas cru qu'il allait marcher comme ça en station d'évaluation, remarque Luc Houdmon. C'est un veau de génisse. Mais on voit aujourd'hui que ses filles sont très régulières. Un bon taureau, c'est un taureau régulier dans sa production. » Fronsac sera disponible l'année prochaine pour l'IA chez Gènes Diffusion. Il est déjà utilisé comme père à taureaux à l'UCC. « Nous utilisons toujours dans notre troupeau les taureaux de testage. J'ai déjà des filles de Devred et une fille d'Espagnol en service. »

Luc Houdmon avec une fille de Viviers.
Luc Houdmon avec une fille de Viviers. - © S. Bourgeois

Près de 20% des animaux porteurs du gène sans cornes

Pour Luc Houdmon, la génomique est un nouvel outil qu'il faut intégrer dans les pratiques de sélection des élevages. « Les axes de recherche sont bien choisis car ce sont des postes sur lesquels on manque de précision, comme la qualité des mamelles..., explique l'éleveur. Je travaille également depuis longtemps sur les souches sans cornes. Mon père était d'ailleurs présent à l'origine du programme, initié à l'époque par l'Union Centre-Est France. » Aujourd'hui, à peu près 20 % des animaux sont porteurs du gène sans cornes dans le troupeau. Un fils d'Iceberg est actuellement en station d'évaluation. « Sur les femelles, j'ai dû beaucoup trier parmi les sans cornes. Pour l'instant, je n'ai pas d'homozygote. Mais on va y arriver ! Aujourd'hui, les taureaux sans cornes donnent des souches qui vêlent bien, et il faut maintenant progresser sur la croissance. »

De nouvelles souches introduites dans le troupeau

Le planning des accouplements est établi avec le conseil de Bruno Elmanowsky, de la Cecna. Luc Houdmon est attentif à gérer la variabilité génétique dans son troupeau. « Je repère toute nouvelle souche qui semble intéressante et je l'introduis dans mon troupeau. J'utilise tout simplement le critère des sept flèches pour ne pas accoupler des animaux trop près l'un de l'autre. »

Un tiers des génisses vêlent à 2 ans. Les génisses sont lourdes à 1 an, avec un PAT 1 an de 495 kilos en 2015. Ayant exercé le métier pendant plusieurs années avant de s'installer, Luc Houdmon insémine lui-même, à 85 % sur chaleurs naturelles et à 15 % sur synchronisation. « On a toujours sélectionné sur la fertilité. J'utilise pour suivre la repro un planning classique sur papier, avec date des chaleurs et date prévue des retours. » Deux IA au plus sont faites, et rarement trois, sur deux mois à deux mois et demi de reproduction entre décembre et février. Il n'y a pas de taureau de rattrapage. « Mon moteur reste le résultat économique du troupeau », commente Luc Houdmon. En 2015, avec 77 vêlages (dont 20 premiers vêlages), le taux de productivité numérique était de 92%. « Les vêlages ont lieu sur 80 jours, de septembre à mi-novembre. L'IVV moyen était de 364 jours en 2016 avec un taux de mortalité de 2,8 % », explique Jérôme Laviron, responsable du pôle viande d'Alysé (coopérative réalisant le contrôle de performances). Cette année sont nées treize paires de jumeaux. Un veau n'a été perdu que sur les trois dernières paires. « J'ai quelques clients réguliers auxquels je vends quatre ou cinq taureaux de monte naturelle par an. Les mâles que je considère ne pas avoir le niveau pour être reproducteurs chez moi, je les vends comme broutards. » Ces derniers pèsent 460 kilos à 9 mois ! Et les vaches de réforme ont donné, en 2016, 518 kilos de carcasse (en moyenne sur 17 animaux). La marge brute est de 948 euros par UGB en 2016.


- © Infographie Réussir

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