Réussir bovins viande 06 novembre 2015 à 08h00 | Par Propos recueillis par Sophie Bourgeois

"La SAS France Viande Export est opérationnelle"

Lancée officiellement le 12 octobre 2015, la plateforme pour l’exportation de viande est déjà au travail sur plusieurs destinations. Son animateur, Jean-Luc Angot, du ministère de l'Agriculture, revient sur sa création et son fonctionnement. Entretien avec l'inspecteur général du CGAAER*.

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Jean-Luc Angot est responsable de la mission de coordination à l’export en viande bovine, porcine et volailles.
Jean-Luc Angot est responsable de la mission de coordination à l’export en viande bovine, porcine et volailles. - © MAAP

Comment s’est passée la création de la plateforme France Viande Export ?

Jean-Luc Angot - La création de la société en actions simplifiées France Viande Export a été rapide, entre l’annonce de Stéphane Le Foll en juin et son lançement officiel en octobre. France Viande Export rassemble, grâce à un travail de réassurance auprès de certains opérateurs, toutes les forces françaises pour l’export de viande bovine avec vingt-deux entreprises. Des plus grands aux plus petits, privés et coopératifs, tous les opérateurs en viande bovine sont présents (sauf Kermené qui est dédié à la grande distribution française). Ce n’est pas le cas pour la viande de porc.

Comment France Viande Export fonctionne-t-elle ?

J.-L. A. - France Viande Export est une enceinte neutre, pour se parler directement d’entreprise à entreprise. Elle obligera à travailler ensemble dans l’intérêt de chacun, et incitera à se structurer pour pouvoir répondre à plusieurs à un appel d’offres sur les gros volumes. De nombreux autres pays exportateurs disposent déjà d’une structure qui joue ce rôle. C’est le cas des irlandais avec le Board Bia, des brésiliens avec l’ABIEC, ainsi que des allemands, des hollandais, des canadiens.

Des études de marchés sur les exportations de viande française sont déjà réalisées par d’autres structures. Le rôle de France Viande Export est de centraliser toutes ces informations venant des ambassades, de FranceAgriMer, de la direction générale du Trésor (ministère de l’Économie), de Business France et celles que détiennent les opérateurs commerciaux.

La SAS n’a pas vocation à répondre en son nom aux appels d’offres. Ce sont les entreprises qui contractualiseront avec les clients. France Viande Export développera par contre une déclinaison pour l’export du logo VBF (French Meat Quality) et pourra participer à des opérations de promotion de la viande française. Le but de France Viande Export est de donner plus de puissance, une plus grande efficacité, à la capacité d’export qui existe déjà chez les opérateurs. Et nous pensons que des PME qui n’exportent pas pour l’instant pourront se lancer.

Des intérêts divergents ont eu raison, il y a quelques années, du GIE export, puis du GEF. En quoi cette structure est-elle différente ?

J.-L. A. - La différence est que la SAS France Viande Export est composée exclusivement d’entreprises. Chacune détient une part de la SAS, achetée pour 1 000 euros, et mon rôle est de l’animer. Nous fonctionnons avec des réunions et un travail en réseaux. Nous mettons au point un guide de bonne gouvernance pour cette structure. Le président de France Viande Export est Dominique Guineheux (groupe Bigard), le vice-président est Marc Feunteun (SVA), le secrétaire général est Stéphane Deschamps (Elivia) et Jean Pruvost (société Pruvost-Leroy, dans le Nord) est le trésorier. Les entreprises sont animées désormais d’une certaine volonté pour avancer sur ce sujet. Les premiers travaux pratiques concerneront un appel d’offres de 30 000 tonnes pour la Turquie, ainsi que d’autres négociations avec l’Égypte et le Vietnam.

D’autres actions vous paraissent-elles souhaitables pour que la France soit en mesure d’aboutir à un développement des exportations de viande bovine ?

J.-L. A. - Nous imaginons déjà mettre en place une struture analogue pour l’exportation des animaux vivants.

La création de la plateforme France Viande Export était l’une des trois mesures concernant l’export annoncées par le ministère à l’issue des réunions de crise. Les deux autres ont été très rapidement effectives. Il s’agissait de la remise en route du dispositif d'assurance-crédit du Coface, à disposition des entreprises qui exportent vers la Grèce, et de l’effort de l’administration pour l’ouverture sanitaire de nouveaux marchés. Avec le Vietnam, les premiers résultats sont déjà là car les vingt-deux entreprises françaises ont reçu leur agrément. Les prochains objectifs sont l’Arabie saoudite, la Malaisie, l’Afrique du Sud. Il va falloir en profiter.

* Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux.

Jean-Luc Angot a été auparavant directeur adjoint de la DGAL et CVO (chief veterinary officer) pendant 6 ans.

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