Réussir bovins viande 25 mars 2014 à 08h00 | Par François d’Alteroche

La génomique arrive en élevage

Les premiers outils destinés à permettre la sélection des races allaitantes via la génomique sont désormais sur les rails, avec parfois la possibilité pour les éleveurs de bientôt les utiliser.

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Prélèvement de poils 
accompagnés de leur bulbe sur la queue d’une Charolaise en prévision d’une analyse génomique.
Prélèvement de poils accompagnés de leur bulbe sur la queue d’une Charolaise en prévision d’une analyse génomique. - © Gènes Diffusion

Gembal, Dégéram, IngénomiX… Voilà des mots nouveaux qui ne sont pas des suggestions de nom pour votre futur chien ou chat ! Plus sérieusement, il s’agit de termes avec lesquels il va falloir apprendre à se familiariser, puisqu’il s’agit de nouveaux outils et acteurs de la sélection génomique récemment développés par les différents acteurs de la recherche travaillant dans le secteur de la génétique bovine. Dans un proche avenir et même s’il est encore délicat de donner un échéancier précis, ces outils seront utilisés en routine pour la sélection des races allaitantes. Certains, comme IngenomiX, ont déjà commencé à donner de premiers résultats. D’autres, comme Gembal, devraient le faire d’ici la fin de l’année.
Rappelons pour mémoire que la génomique est la science qui étudie la structure et le fonctionnement du génome. Elle permet d’évaluer le potentiel génétique d’un animal en se basant sur les informations contenues dans ce génome, lequel contient l’ensemble du patrimoine génétique de chaque individu, hérité pour moitié de son père et pour moitié de sa mère. À partir du prélèvement d’un échantillon biologique (sang, peau, cartilage…), cette science permet de prédire la valeur génétique d’un animal dès sa naissance en comparant son génotype à ceux d’une population de référence dont les performances sur descendance sont connues.
Cette technique est actuellement utilisée en routine pour la sélection des trois principales races laitières. Pour ces dernières, elle se traduit par l’utilisation de taureaux d’insémination très jeunes, l’arrêt du contrôle sur descendance avant diffusion pour ces mêmes taureaux d’IA et la possibilité de choisir des femelles de renouvellement dont les valeurs génétiques sont mieux connues. Cela permet une accélération du progrès génétique en réduisant la durée de l’intervalle entre générations.


Besoin d’une population de référence régulièrement réactualisée


En élevage allaitant, pour que la sélection génomique puisse fonctionner, elle a, comme en élevage laitier, besoin d’une population de référence. C’est elle qui permet de faire le lien entre le génotypage d’un animal et l’évaluation génétique qui en résulte. Cette population de référence est composée de tous les élevages en contrôle de performance. Les données fournies au moment de la pesée et du pointage des animaux sont donc des informations très précieuses. La poursuite de l’enregistrement de nouvelles performances est indispensable pour permettre la mise à jour  régulière de cette base de référence. Pour compléter ces données, le projet Degeram consiste à collecter les données en fermes concernant les qualités maternelles et d’élevage que l’on ne retrouvait pas jusqu’à présent dans les données du contrôle de performance en fermes. À terme, l’objectif est de trouver dans le génome des races concernées les gènes ou les régions chromosomiques qui agissent sur l’expression des qualités maternelles.
Gembal, Dégéram et IngénomiX seront donc des outils supplémentaires venant en appui à la sélection des troupeaux. Ils permettront d’aider les éleveurs à choisir leurs reproducteurs en fonction des objectifs qu’ils jugent prioritaires. L’estimation précoce de certaines aptitudes sur de jeunes animaux permettra de trier rapidement ceux qui s’avèrent les moins intéressants. En revanche ces outils ne remplaceront pas du jour au lendemain le coup d’œil de l’éleveur, sa connaissance des points forts et des points faibles de certaines lignées, mais aussi tout son doigté et son talent pour choisir de croiser tel ou tel courant de sang lorsqu’il raisonnera ses futurs accouplements. Un savoir-faire qui ne s’acquiert pas uniquement dans les livres ou derrière un écran d’ordinateur mais davantage par la pratique du métier qui permet d’apprécier la morphologie des animaux et surtout anticiper leur devenir.

- © Nobeastsofierce-fotolia.com

Pour en savoir plus

 

Voir dossier Réussir Bovins Viande de mars 2014. RBV n°213, p. 20 à 35.

 

Au sommaire :


p. 22 -  Premiers retours pour les éleveurs
Le programme Degeram

 

p.28 -  Gembal, un projet collectif pour toutes les races
Initié par l’Inra

 

p. 30 -  Des génisses toutes génotypées
L’objectif de Dominique et Gérard Bliault

 

p. 33 - Différents programmes chez la Rouge des Prés
Au sein de l’organisme de sélection

 

p. 34 - Gènes Diffusion conduit des projets privés en génomique allaitante
Sébastien Landemaine, responsable technique Charolais de Gènes Diffusion

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