Réussir bovins viande 24 février 2016 à 08h00 | Par François d'Alteroche

La crise du lait gonfle les disponibilités en réformes laitières

L’année bovine 2016 devrait être marquée par un afflux de femelles aux portes des abattoirs et en particulier par une disponibilité accrue en réformes laitières.

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L'accroissement des abattages de réformes laitières découle du retournement de la conjoncture pour le prix du lait payé aux producteurs ces derniers mois.
L'accroissement des abattages de réformes laitières découle du retournement de la conjoncture pour le prix du lait payé aux producteurs ces derniers mois. - © J.-C. Gutner

D’après les prévisions de l’Institut de l’élevage, la production française de viande bovine devrait afficher une progression sur l’année en cours. « Après un rebond en 2015 (+2,5% par rapport à 2014) faisant suite à deux années à l’étiage, la production française de bovins finis devrait augmenter d’un peu plus de 1% en 2015, à 1,52 million de tonnes équivalent carcasse (gros bovins + veaux) », explique Caroline Monniot, agroéconomiste à l’Institut de l’élevage. Cette hausse concernerait tout particulièrement les vaches et en particulier les laitières.

« La production française de femelles poursuivrait sa reprise pour totaliser 824 000 tonnes équivalent carcasse (tec) en 2016 (+3% par rapport à 2015). L’année 2015 avait déjà enregistré un rebond des réformes laitières, après deux années au plus bas. » Le recul du cheptel concerne toutes les régions, à l’exception de la Franche-comté. « La déprise laitière s’est encore accentuée dans les régions du Sud-Ouest : Midi-Pyrénées et Aquitaine ont perdu près de 4% de leurs effectifs en un an, de même que l’Auvergne », souligne Fabien Champion, agroéconomiste à l’Institut de l’élevage.

Cet accroissement des abattages de réformes laitières découle du retournement de la conjoncture pour le prix du lait payé aux producteurs ces derniers mois. Et surtout, il n’est pas annoncé d’amélioration sensible de la situation, au moins pour les premiers mois de l’année. « Ainsi, dans l’hypothèse optimiste d’une stabilisation du cheptel laitier en fin d’année, au moins 35 000 vaches supplémentaires devraient être réformées. Si la conjoncture laitière reste morose, un scénario pessimiste est à envisager, avec davantage d’abattages liés à des cessations d’activité. »


- © Source : Institut de l'élevage

Davantage d’allaitantes au second semestre

Du côté des allaitantes, une progression de l’offre est là aussi attendue, d’autant que les tarifs déjà déprimés de l’automne 2015 pour certaines catégories et la clémence de la météo de la fin de l’automne et du début de l’hiver ont probablement contribué à freiner les sorties. « Dans l’hypothèse d’une stabilisation du cheptel en fin d’année, davantage de vaches allaitantes pourraient être réformées en 2016 pour pouvoir accueillir les primipares dont le nombre sera de nouveau en hausse. Les abattages supplémentaires interviendraient plutôt au second semestre, après le sevrage des broutards de l’année. » Côté génisses de boucherie, il n’est pas attendu d’évolution sensible de la situation.

Recul du nombre de taurillons laitiers

Si les prévisions de l’Institut font état d’une progression sensible des abattages de femelles, la tendance devrait être inversée pour les mâles entiers. Elle le serait plus particulièrement pour les taurillons laitiers, avec un recul de l’offre pressenti de 4%. « Les mises en place ont en effet subi un coup de frein à partir de mai 2014, alors que la perspective de la fin des quotas laitiers avait stimulé l’abandon ou la réduction de l’activité d’engraissement dans de nombreuses exploitations laitières, et que le prix des JB laitiers finis se dégradait. » En revanche, ce devrait être le statu quo pour les taurillons issus du cheptel allaitant.

- © Infographie Réussir

Une demande de bétail maigre bien présente si le sanitaire le permet

Malgré les restrictions de transport directement liées à la FCO, l’année 2015 s’est traduite par une progression des exportations françaises d’animaux maigres. Les statistiques 2015 font état d’une progression de 6 % comparativement à 2014. Cette évolution est très liée à l’émergence du marché turc, lequel a absorbé un peu plus de 80 000 broutards légers l'an dernier. « Dans l’hypothèse de solutions trouvées au cours du premier semestre pour limiter les contraintes liées à la FCO, les exportations de bovins maigres pourraient progresser de 2%. L’offre sera de nouveau en hausse cette année, et les clients turcs sont dans les starting blocs pour s’approvisionner en broutards français dès que les barrières sanitaires seront levées. »

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