Réussir bovins viande 21 décembre 2009 à 12h09 | Par G.Coisel

Fumiers et composts - Le système DPA garantit un épandage régulier

En raison de leur valeur fertilisante et de leur impact sur l’environnement, les engrais organiques doivent être appliqués avec précision, comme les engrais minéraux. Le DPA répond à ce besoin.

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Un système de débit proportionnel à l'avancement permet de gagnr en précision même à vitesse non constante.
Un système de débit proportionnel à l'avancement permet de gagnr en précision même à vitesse non constante. - © Deguillaume

Afin d’améliorer leur régularité d’épandage et le confort d ’ u t i l i s a t i o n , nombreux sont les constructeurs d’épandeurs de matière organique à proposer des systèmes DPA (débit proportionnel à l’avancement) sur leurs matériels. L’hétérogénéité des produits à épandre (fumiers, composts…) et l’absence de réglages précis des épandeurs incitent à équiper ceux-ci d’un système de gestion précise des doses épandues. Selon Marc Rousselet, ingénieur de recherche au Cemagref et responsable des essais d’épandeurs, « un système DPA permet de ne pas se focaliser sur la vitesse d’avancement du tracteur ». L’agriculteur s’occupe uniquement du réglage de la dose à épandre et de la vitesse du tracteur. Ensuite, le système régule le débit d’épandage en faisant varier la vitesse de défilement du tapis en fonction de la largeur de travail, et de la hauteur du produit dans la caisse. La plupart des DPA bénéficient d’un capteur inductif situé sur le réducteur qui entraîne le fond mouvant. Celui-ci informe en continu la console de commande sur la vitesse d’avancement du produit dans la caisse. Un radar ou un capteur situé au niveau d’une des roues de l’épandeur sert à déterminer la vitesse d’avancement de la machine en temps réel. Ce dernier est couplé à une roue codeuse.

Réglages en cabine

En cabine, l’utilisateur règle uniquement la nature du produit à épandre, la dose voulue par hectare, la hauteur de travail régie par la position de la porte et la largeur d’épandage. Ensuite, la console envoie un signal de commande à la vanne hydraulique de régulation du fond mouvant. Après le contrôle des différents capteurs, la console modifie si besoin son signal pour l’adapter à la dose désirée. On trouve deux catégories de DPA. Les systèmes à boucle ouverte ou fermée. Avec un système ouvert, la vitesse d’avancement du tapis est modifiée sans retour d’information. Dans un système fermé, un capteur informe constamment sur la vitesse réelle du tapis et rétroagit sur le système de commande. Ce système garantit une vitesse correcte d’avancement du tapis quelles que soient les performances du circuit hydraulique (température et fluidité de l’huile). On constate ainsi une précision plus fine. Un DPA se révèle plus intéressant en termes de précision losqu’il est associé à un épandeur équipé d’une table d’épandage. Celle-ci est plus souvent employée pour épandre des petites quantités par hectare. Il est également possible de monter un DPA sur un épandeur sans table d’épandage. Mais au vu de son coût, la solution ‘DPA + table’ est préférable.

Associer DPA et pesée

Pour encore plus de précision, un système de pesée peut être couplé au DPA.Avec la pesée à l’arrêt, le produit dans la caisse est supposé être de densité uniforme. On parle alors de DPA volumique. Philippe Buchet, constructeur d’épandeurs, souligne que « gérer électroniquement la vitesse du tapis pour améliorer l’étendue impose de mesurer en permanence le poids de fumier sortant de l’épandeur et de faire varier la vitesse du tapis pour que la dose reste constante ». C’est le cas avec la pesée dynamique. On parle de DPA massique, car on tient compte de l’hétérogénéité du produit. Le constructeur breton Rolland a adopté ce système pour son épandeur RollMax, avec lequel on connaît en continu le poids de produit à épandre grâce à une suspension intégrale de l’épandeur.

Un épandeur équipé d'un fonds accompagnateur permet de s'affranchir d'un système DPA.
Un épandeur équipé d'un fonds accompagnateur permet de s'affranchir d'un système DPA. - © Brochard

Des alternatives au DPA

D’autres systèmes que le DPA permettent d’améliorer la précision de l’épandage. Ainsi, le constructeur Buchet propose un fond accompagnateur afin de maîtriser au mieux la régularité. Le produit à épandre est entraîné à la fois par le tablier accompagnateur et par un demi-tapis composé de deux chaînes et de traverses. Cela permet d’éviter tout glissement entre fumier et tapis et garantit régularité et précision pendant toute la durée de l’épandage. Pour les régions vallonnées, ce système ne génère pas de différence en montée et descente. Pas de différence non plus entre fumier pailleux et fumier gras, compost, fumier de volaille…

 Buchet n’est pas le seul constructeur à proposer un fond accompagnateur: Deguillaume ou encore Maitre disposent, en option, du même équipement. Fliegl propose un système de régulation encore différent. Aucun capteur de rotation ou de débitmètre n’est utilisé. L’huile alimente le fond poussant de façon à ce qu’il y ait toujours la même quantité de matière arrivant devant les hérissons. Seulement, lorsqu’un couple résistant est appliqué sur le boîtier par les hérissons (lorsqu’il y a trop ou pas assez de matière à épandre), le boîtier bascule vers l’avant ou l’arrière, sur une plage d’environ 20°. C’est celui-ci, monté sur une tringlerie, qui fait varier le débit d’huile. Ainsi, la quantité de matière répandue est constante. Cependant, il est important de garantir une vitesse ne variant pas de plus de deux kilomètres à l’heure à l’ensemble du convoi, pour garantir un bon épandage. De plus, le constructeur mise sur un chargement régulier pour une bonne régulation.

Connaître le débit et la dose est primordial

D’après Marc Rousselet, « la connaissance du débit est incontournable pour maîtriser les apports d’engrais organiques. Sa valeur, en cohérence avec les autres paramètres d’épandage, est donnée par la relation :

Dose (t/ha) = Débit (kg/s) x 36 / Largeur d’épandage (m) x vitesse d’avancement (km/h)

Débit (kg/s) = Largeur de la caisse (m) x hauteur de produit (m) x vitesse du tapis (m/s) x masse volumique (kg/m3)

Marc Rousselet insiste sur le fait qu’« un épandeur équipé d’un système DPA doit posséder autant de capteurs que de variables dans la formule du débit et de la dose. On doit donc retrouver des capteurs de hauteur de porte, de vitesse d’avancement du tracteur et du tapis, et intégrer dans le boîtier la masse volumique du produit ou disposer d’un système de pesée. Pour vérifier la régulation de la répartition de la dose, le Cemagref dispose d’un banc d’essai (Cemob). Il est donc utile de se renseigner sur les matériels testés. »

(www.cemagref.fr/plateformes-technologiques)

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