Réussir bovins viande 20 juin 2012 à 09h51 | Par M. Portier

Fenaison - L'andaineur soleil refait son apparition

Disparu des campagnes depuis de nombreuses années, l’andaineur soleil séduit à nouveau par sa simplicité, son débit de chantier et son coût.

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Le système de dépliage utilisant le principe du pantographe facilite le réglage de la largeur de travail et réduit la longueur de l'andaineur  replié.
Le système de dépliage utilisant le principe du pantographe facilite le réglage de la largeur de travail et réduit la longueur de l'andaineur replié. - © Tonutti

Sous l’impulsion du constructeur historique Tonutti, l’andaineur soleil fait son retour sur le marché français depuis quelques campagnes. Un second contructeur italien, Enorossi, l’a rejoint récemment sur le marché français. Abandonné depuis de nombreuses années au profit des andaineurs à rotor, le soleil intéresse à nouveau certains utilisateurs à la recherche de débit de chantier, qui ne souhaitent pas investir dans des andaineurs à double rotor, plus coûteux et plus complexes techniquement.


« L’andaineur soleil n’avait disparu que dans certains pays d’Europe de l’Ouest. Il est resté très répandu en Amérique du Nord, dans l’Est de l’Europe ainsi qu’en Italie et en Espagne, notamment pour la récolte de la luzerne », assure Pierre Guillaume, responsable commercial Tonutti pour la France. Le constructeur italien a toutefois développé une gamme « Pro », spécifique aux marchés d’Europe de l’Ouest, afin de s’adapter à leurs contraintes : topographie accidentée, puissances élevées, diversité des produits à andainer, exigences de réglage… « Sur ces appareils, la qualité et l’épaisseur des matériaux sont revues à la hausse, la liaison tracteur-outil est repensée avec un attelage semiporté sur les bras de relevage, la précision et la facilité de réglage sont améliorées. »


DES SOLEILS ADAPTÉS À LA DIVERSITÉ DES FOURRAGES


Concernant la polyvalence qui faisait défaut aux anciens soleils, le constructeur l’a améliorée en travaillant sur des soleils spécifiques. « Ces soleils disposent de dents avec un angle différent et d’une flasque centrale. Ils sont très efficaces pour andainer de la paille enfouie dans les chaumes. Nous nous sommes aperçus par la suite qu’ils étaient également adaptés au regroupage des andains d’herbe d’une faucheuse-conditionneuse. Nous réussissons même à andainer des matières lourdes et volumineuses comme les cannes de maïs, le chanvre ou encore le miscanthus », argumente Pierre Guillaume.


LE RÉGLAGE DE LA PRESSION AU SOL EST DÉTERMINANT


Mais pour arriver à ce résultat, le réglage de la pression au sol des soleils est déterminant. « Il faut que les dents travaillent de manière libre. Car si elles sont trop plaquées au sol, la matière est tirée ce qui provoque l’enroulement de l’andain et les pierres sont ratissées. » Précaution confirmée par Pierre Lépée, conseiller à la chambre d’agriculture de la Creuse : « L’outil étant auto-animé, si la pression au sol n’est pas ajustée précisément, les soleils auront tendance à travailler par arrachement. » Les utilisateurs insistent sur l’aspect décisif de ce réglage.


Jean-Michel Bloino, éleveur à Noyal-Muzillac (Morbihan) vient de renouveler son andaineur Tonutti. « Il faut prendre le temps d’ajuster la pression au sol pour un travail de qualité. Je ramasse mon foin à l’autochargeuse sans aucun souci : il n’y a pas de pierres. Toutefois, pour éviter de trop enrouler le fourrage, je ne travaille pas à pleine largeur, 7 mètres au lieu de 8,50 mètres. » Une fois la technique maîtrisée, c’est la vitesse de travail qui fait la différence. Dans des conditions optimales, elle peut atteindre les 25 km/h, mais la moyenne se situe plutôt entre 8 et 15 km/h. « Le suivi du sol est facilité par une suspension individuelle de chaque soleil avec un débattement de 25 cm et par un châssis articulé à grand débattement », précise Pierre Guillaume.


Autre intérêt de cet outil auto-animé, la qualité de travail est indépendante du régime moteur du tracteur. Il est ainsi possible de travailler à bas régime et avec un tracteur de taille modeste (70-80 chevaux pour un 8,50 m) pour limiter la consommation de gazole. Etant donné le débit élevé, le chantier s’avère très sobre. Hormis la contrainte du réglage de la pression au sol, les utilisateurs apprécient la simplicité d’utilisation de l’andaineur soleil. La largeur de travail est réglable hydrauliquement en continu pour s’adapter à la configuration de la parcelle et au volume de fourrage. Quant à la largeur de l’andain, elle s’ajuste indépendamment de la largeur de travail.


MOINS CHER À L’ACHAT MAIS AUSSI À LA REVENTE


Dernier argument et pas des moindres, à largeur de travail égale (mais avec un débit de chantier supérieur), « le prix d’un andaineur soleil est 15 à 20 % inférieur à celui d’un andaineur double rotor et près de 50 % à celui d’un quadruple rotor, estime Pierre Guillaume. Les acheteurs sont également rassurés par la simplicité d’entretien. » En revanche, les concessionnaires notent un sérieux manque d’image de ce type de matériel sur le marché de l’occasion, qui se solde par une décote rapide.

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