Réussir bovins viande 15 mai 2002 à 17h25 | Par Denis Lucas

Exploitations d´élevage - Préférer un tracteur simple

« Maniable, simple et fiable ». C´est, en résumé, ce que doit être le tracteur qui travaille sur l´élevage.

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Avant de choisir un tracteur destiné à une exploitation d´élevage, il faut d´abord se demander si l´on cherche un tracteur de cour, cantonné aux travaux à l´intérieur et autour des bâtiments, ou un tracteur polyvalent, ayant aussi sa part de travail au champ à effectuer. Tout en sachant que le véritable tracteur polyvalent reste sans doute à inventer, tant les exigences propre au travail dans la ferme et celles du travail au champ sont différentes voire opposées.
Pierre Demeuré, conseiller machinisme à la chambre d´agriculture du Finistère, pousse la réflexion plus loin. « Si le tracteur n´a pas réellement besoin d´aller au champ, il faudra réfléchir au choix d´un chargeur télescopique. Car cet engin apporte un gain de temps pour un prix qui sera le même que celui d´un tracteur avec chargeur frontal. Il peut aussi réaliser la distribution et le paillage avec des outils plus économiques que la désileuse-distributrice avec tracteur. »

Une cabine accessible et facile à nettoyer
Si vous faites malgré tout le choix du tracteur, regardez la facilité de prise en main, qui compte beaucoup lorsque différentes personnes ou de la main-d´ouvre occasionnelle sont amenées à conduire ce tracteur. (Ce n´est pas forcément facile de trouver un vacher de remplacement qui soit un expert en tracteur). Autre critère important pour un tracteur qui doit tourner 365 jours par an : la simplicité de la conception et l´accessibilité aux organes mécaniques. On réduira d´autant les temps d´intervention, et donc d´immobilisation, en cas de panne.
Si l´on opte pour un véritable tracteur de cour, il faut privilégier un intérieur facile à nettoyer et des commandes qui ne soient pas sensibles à l´humidité et à la poussière. Celui qui doit souvent monter et descendre de la cabine appréciera un accès facile : pas trop de marche à grimper et pas de levier encombrant dans le passage. De ce point de vue, mieux vaut parfois oublier l´accès par le côté droit de la cabine, pour éviter de se perdre dans une forêt de leviers de toute sortes : transmission, distributeurs hydrauliques et (encore pire) support de monolevier pour chargeur frontal.
D. Lucas

L´accessibilité à la cabine est un critère important pour le tracteur de cour. Elle concerne à la fois la hauteur du plancher de la cabine et l´espace dégagé pour le passage.

Préférer le turbo
Là où les dimensions de bâtiments sont une contrainte forte, on peut s´intéresser aux tracteurs compacts dérivés de modèles vignerons ou fruitiers. Pierre Demeuré considère qu´ils n´ont d´intérêt que dans ce cas précis, car ils sont handicapés dès qu´il faut travailler au champ. Il ajoute : « Du fait des faibles volumes produits, leur prix de vente reste équivalent à celui d´un tracteur standard de même puissance et le coût des pièces est plus élevé. »
En ce qui concerne les motorisation, Didier Langlois, technicien à la chambre régionale d´agriculture de Poitou-Charentes, conseille d´opter à puissance égale, pour un moteur avec turbo. « Il vieillit mieux qu´un moteur sans turbo et se glace moins si on ne lui demande pas de forcer. » Le moteur turbo exige en revanche plus d´attention au niveau de la maintenance (niveau d´huile...).

Une transmission mécanique suffit pour un tracteur de cour
« Une transmission dite powershift est superflue sur un tracteur de cour, souligne Pierre Demeuré. A la ferme, on travaille rarement sous charge. » Elle se justifie sur un tracteur qui fait du transport et travaille au champ, car elle permet de changer de vitesse sans interrompre l´effort de traction. Didier Langlois considère par ailleurs qu´elle est à réserver aux tracteurs d´au moins 90 chevaux, car une telle transmission absorbe plus de puissance qu´une transmission entièrement mécanique.
L´inverseur sous charge est en revanche plus utile sur un tracteur de cour, d´autant plus s´il travaille avec un chargeur frontal. « Celui qui n´y a jamais goûté n´y voit pas forcément l´intérêt, remarque Pierre Demeuré. En revanche, celui qui utilise un inverseur sous charge et le maîtrise bien, l´apprécie ». Les travaux qui nécessitent de changer fréquemment de sens de marche, avec le chargeur frontal par exemple, sont ainsi moins fatiguants. D´autant plus que le levier d´inverseur est le plus souvent placé à gauche du volant, ce qui libère la main droite pour actionner le chargeur ou le relevage.

Le relevage électronique n´est pas indispensable
En ce qui concerne le relevage, Pierre Demeuré considère qu´un modèle à commande mécanique est suffisant pour les utilisations d´un tracteur de cour et voit donc peu d´intérêt au relevage électronique. Didier Langlois fait le même constat, mais précise que le relevage électronique facilite l´attelage des outils. « Avec la possibilité de commander les bras depuis les contacteurs placés sur les ailes du tracteur, il présente moins de risque d´accident qu´une commande extérieure mécanique qu´il faut parfois actionner en étant placé entre l´outil et le tracteur. »

Une prise de force économique pour les petits travaux
Autre élément important sur un tracteur d´élevage : le circuit hydraulique.
Pour utiliser une désileuse pailleuse par exemple, un débit minimum de 50 l/min est nécessaire.
De plus en plus, les constructeurs dotent leur tracteur de plusieurs
pompes hydrauliques : pour la direction, les distributeurs et le relevage. Il est parfois possible d´ajouter le débit de la pompe de relevage à celui des distributeurs, pour manouvrer plus rapidement le chargeur par exemple. « Avec un débit de 100 l/min on pourra actionner en même temps le relevage et les distributeurs, précise Pierre Demeuré, sachant toutefois que le débit aux distributeurs ne dépasse pas généralement les 60 l/min, du fait de la dimension des canalisations. »
Pour la prise de force, les régimes de rotation de 540 tr/min, 540 tr/min en version économique et 750 tr/min sont les plus utiles. Les régimes économiques (540 tr eco et 750 tr/min) conviennent pour les travaux qui demandent peu de puissance (chargement d´une tonne à lisier, fanage...) et permettent de travailler à un régime moteur réduit.

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