Réussir bovins viande 09 août 2017 à 08h00 | Par Sophie Bourgeois

Estimer le rendement annuel d’une prairie sans mesurer la hauteur d’herbe

HerbValo est un outil développé dans le cadre du RMT Prairies Demain pour estimer dans chaque parcelle la quantité d’herbe valorisée par an. Un document du type planning de pâturage est à remplir.

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Rémy Delagarde de l'Inra. " L’ingestion du troupeau est estimée par un modèle simplifié des unités d’encombrement de l’Inra, adapté au pâturage car tenant compte des conditions de pâturage, de la qualité de l’herbe, et d’une éventuelle complémentation des animaux. »
Rémy Delagarde de l'Inra. " L’ingestion du troupeau est estimée par un modèle simplifié des unités d’encombrement de l’Inra, adapté au pâturage car tenant compte des conditions de pâturage, de la qualité de l’herbe, et d’une éventuelle complémentation des animaux. » - © S. Bourgeois

« HerbValo est un moyen de donner confiance aux éleveurs dans leurs pratiques et de leur fournir une base de réflexion pour mieux valoriser l’herbe », explique Rémy Delagarde, de l’Inra de Rennes. Par rapport à l’estimation a priori du rendement annuel de telle ou telle parcelle, il y a bien souvent deux ou trois tonnes de matière sèche de plus à aller chercher en améliorant ses pratiques.

HerbValo ne nécessite pas de mesurer la hauteur de l’herbe et s’adapte à toutes les techniques de pâturage. Il est basé sur un support (papier pour l’instant, application web prochainement) sur lequel l’éleveur enregistre les événements pour chaque parcelle. « L’ingestion du troupeau est estimée par un modèle simplifié des unités d’encombrement de l’Inra, adapté au pâturage car tenant compte des conditions de pâturage, de la qualité de l’herbe, et d’une éventuelle complémentation des animaux. » Un facteur de sévérité du pâturage en quatre classes a été conçu :  pâturage libéral, pâturage équilibré, pâturage sévère, pâturage très sévère. Le temps d’accès à la parcelle est aussi intégré au modèle. Quatre types de prairies et quatre classes de qualité sont distinguées. Pour la complémentation, quatre niveaux sont définis.

Pour les vaches allaitantes, le modèle tient compte de leur race, du poids vif, du mois de vêlage, et de la note d’état corporel en fin d’hiver. Pour les animaux en croissance, il intègre la race, l’âge au premier vêlage et le poids vif des multipares. Pour les veaux, le modèle se base sur leur âge.

« Chaque classe de ces facteurs joue sur moins de 5 % de l’ingestion. Se tromper dans son choix d’une classe n’entraîne donc pas une grosse erreur sur l’estimation finale, estime Rémy Delagarde. La méthode est robuste. » La validité de la méthode a pu être vérifiée en comparant à la ferme expérimentale de Thorigné d’Anjou le résultat obtenu avec la méthode « herbe disparue » (mesures des hauteurs entrée et sortie de parcelle, croissance des animaux).

Remplir le document n’est d’autre part pas jugé fastidieux par les quelques éleveurs qui ont eu l’occasion de tester la méthode. Une formation initiale est nécessaire et l’important ensuite est de ne pas oublier de cycle d’exploitation dans les enregistrements.

Le modèle a aussi été développé avec succès sur les vaches laitières et les chèvres. Le développement d’une version pour les ovins est prévu.

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