Machinisme 06 novembre 2014 à 08h00 | Par Michel Portier

Epandeurs et tonnes à lisier : la certification Eco-épandage garantit les apports organiques

Malgré l’attentisme des constructeurs, Eco-épandage s’avère être le seul moyen de s’assurer des performances des matériels d’épandage de matière organique.

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- © Irstea

Les premiers appareils certifiés Eco-épandage ont récemment été commercialisés. Pour l’instant, seuls deux constructeurs ont obtenu la certification sur certains de leurs modèles: Pichon pour les tonnes à lisier et Buchet pour les épandeurs. Cette offre encore très limitée s’explique notamment par le retard lié au changement d’organisme certificateur (reprise d’Aucert par Certipaq), mais aussi et surtout par le manque d’engouement des constructeurs. Bon nombre d’entre eux hésitent à s’engager dans une démarche exigeante et relativement coûteuse, sans certitude sur son impact commercial. Le fait que la démarche ait été initiée par deux constructeurs, Rolland et Pichon, en collaboration avec Irstea, la chambre d’agriculture de Bretagne et VetAgro Sup, a été une excuse pour certains constructeurs qui mettaient en cause l’indépendance de la démarche. « Mais le doute a rapidement été levé par les deux industriels initiateurs qui ont, dès le début du projet, invité toutes les autres marques à participer à la réflexion. Le référentiel a été bâti avec un souci de neutralité et aussi de pragmatisme par rapport aux attentes des utilisateurs, relativise Emmanuel Piron, d’Irstea. Désormais, c’est une filiale d’Axema(1) qui chapeaute le projet et qui va faire vivre la certification. »

Le site Internet bientôt en ligne

Jean-François Goupillon, responsable du pôle technique d’Axema, confirme l’indépendance du référentiel Eco-épandage : « notre filiale Axema Promotion Service, qui n’est pas liée aux actions syndicales d’Axema, est désormais propriétaire de la marque Eco-épandage. La certification est ouverte à tous les constructeurs de matériel d’épandage de matières organiques. Et si les demandes sont encore peu nombreuses, les constructeurs suivent de près le projet. Au moment de la création de la filiale, une dizaine de marques adhérentes d’Axema ont fait part de leur intérêt ». Pour appuyer ses propos, Jean-François Goupillon assure que le site internet www.eco-epandage.com ouvrira très prochainement. Outre la présentation de la certification, ce site recensera l’ensemble des modèles certifiés, avec des espaces réservés aux utilisateurs et aux constructeurs. Le succès d’Eco-épandage est désormais suspendu à la motivation des constructeurs à s’engager dans cette voie de la certification. La mise en œuvre des tests sur le banc Irstea engendre un coût non négligeable, avec un certain nombre d’incertitudes quant au nombre de tests à réaliser et de modifications à apporter aux machines. Mais pour Emmanuel Piron, la plus lourde tâche pour bon nombre de constructeurs se situe dans l’audit de l’entreprise. « Le constructeur doit prouver qu’il met tout en œuvre pour garantir la conformité de ses machines dans le temps. C’est la même méthode que pour une démarche qualité. »

Un projet avant-gardiste anticipant la réglementation

Eco-épandage est un projet inédit dans le machinisme agricole. Il constitue la première certification environnementale du secteur portant sur un bien d’équipement. Mais il se limite pour l’instant à une portée nationale. Les constructeurs présents sur plusieurs marchés en Europe craignent que chaque pays adopte sa propre certification. Pour Emmanuel Piron, « Ecoépandage est avant-gardiste et peut faire figure de modèle à l’échelle européenne. Certains tests pourront être repris par l’Entam(2) et il n’est pas illusoire d’espérer à terme une approche européenne ».

Au final, le principal élément déclencheur pourrait venir des pouvoirs publics. « De nouveaux indicateurs de performances sont recherchés par les services de l’État dans le cadre de la réflexion sur le nouveau dispositif qui fera suite au PVE », note Jean-François Goupillon. La certification Eco-épandage deviendrait ainsi un critère dans l’attribution des futures aides à l’investissement.

 

Retrouver l’intégralité de l’article dans le numéro de décembre de Réussir Lait de décembre

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