Réussir bovins viande 04 mai 2001 à 17h11 | Par François d´Alteroche

En Limousin : le plein air améliore certaines des performances des animaux

"Plutôt satisfaisant", c´est ce qui ressort d´une enquête réalisée auprès de 43 éleveurs du Limousin, sur la conduite du troupeau en plein air.

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Si les croissances des veaux sont plus faibles, leur état sanitaire est meilleur. De même pour les vaches, la perte de poids en hiver est vite compensée à la mise à l´herbe.

Dans le Limousin, certaines exploitations pratiquent le plein air depuis déjà une bonne trentaine d´années. L´enquête réalisée dans cette région auprès de 43 éleveurs a d´ailleurs montré que ce mode de conduite pouvait donner entière satisfaction puisque plus de 80 % de ces élevages n´envisagent pas de construire de bâtiment dans les années à venir. La plupart d´entre eux (65 %) ne pratiquent toutefois qu´un plein air partiel, avec un ordre de priorité pour laisser les animaux dehors : d´abord les génisses de deuxième année, puis les vaches et notamment les multipares et très rarement les génisses de l´année. Les vaches sont le plus souvent regroupées par lots de 20 à 25 avec comme principaux critères d´allotement la séparation primipare/multipare, la date de vêlage et la note d´état. Dans la catégorie des petites astuces, à noter que deux des éleveurs enquêtés hivernaient également des boufs en plein air. Ils étaient alors mélangés aux génisses de deux ans de façon à simplifier la conduite tout en contribuant à les calmer. D´autres choisissent aussi de mettre une vache âgée dans le lot des génisses (d´un an) pour en faciliter leur "dressage".
Les parcelles retenues pour l´hivernage doivent correspondre à plusieurs critères, avec dans l´ordre la portance du sol, la présence d´eau et d´abris ainsi que l´orientation vis à vis du soleil et des vents dominants. Mais les éleveurs citent également la proximité par rapport au siège de l´exploitation en vue de limiter le temps de travail pour l´affourragement et afin de faciliter la surveillance des animaux qui présentent le plus gros risque. A cet égard, ce sont généralement les femelles prêtes à vêler et surtout les primipares qui occupent les plus proches parcelles.
La part de la SAU consacrée à l´hivernage peut être très variable, d´autant plus qu´une même exploitation peut avoir des parcelles présentant des sols de nature très différente. Il s´agit toutefois majoritairement de prairies permanentes qui comportent systématiquement des abris naturels (relief, haies, bois) ou aménagés. Dans ce dernier cas, ces abris sont avant tout destinés aux veaux et sont le plus souvent fabriqués par les éleveurs. Les abris pour adultes sont peu fréquents. Beaucoup ont remarqué que les vaches préfèrent rester dans le pré plutôt que de rentrer dans le bâtiment, notamment au moment du vêlage et même lorsque les températures sont très basses.
Il apparait que beaucoup plus que la neige et le gel, c´est la pluie et le vent qui gênent les animaux. Pour les veaux qui naissent en hiver, en dehors des conditions de vêlage, il ne survient aucun problème si la mère s´en occupe bien lors des premières heures de vie (têtée, lèchage).
Foin et enrubannage
La surface allouée par bovin au cours de la période hivernale peut varier de façon assez sensible avec la possibilité de pratiquer un "pâturage" tournant ou au contraire le fait de laisser les animaux sur la même parcelle tout au long de l´hiver. Mais même s´il peut rester un peu d´herbe sur pied dans les parcelles d´hivernage, la plupart des éleveurs enquêtés ne la prennent pas en compte pour la constitution des rations où le foin et l´enrubannage sont les deux constituants de base. Chez les trois quarts des éleveurs, ces fourrages sont distribués quasiment à volonté même si quelques éleveurs essaient de les rationner suivant l´appréciation visuelle de l´état et les conditions climatiques. Les deux tiers des éleveurs utilisent des râteliers et la moitié d´entre eux les déplacent régulièrement suivant la météo et l´état de dégradation du sol.
Bilan globalement favorable
Au final, les éleveurs enquêtés tirent un bilan globalement favorable du plein air pour ce qui est des performances de leurs animaux. Les croissances des veaux sont un peu plus faibles, mais leur état sanitaire est amélioré et si les vaches perdent un peu plus de poids en hiver, ils estiment que ces pertes sont récupérées à la mise à l´herbe du fait d´une bien meilleure transition alimentaire. En ce qui concerne les performances de reproduction, il semble que le plein air favorise les retours en chaleur et contribue ainsi à diminuer les intervalles vêlage-vêlage. L´autre côté positif de ce mode de conduite réside, aux dires des éleveurs, dans la maîtrise des coûts de production dans la mesure où les investissements (bâtiment, paille, assurance, taxe foncière, entretien, frais vétérinaires...) sont limités bien qu´il y ait d´autres frais à prendre en considération (nécessité d´une alimentation plus abondante, entretien des prairies, déplacements en tracteur...).
©F.d´A.

Rassemblement d´un troupeau dans un parc de contention
Avec des animaux souvent un peu plus vifs, ce type d´installation se révèle indispensable pour effectuer les opérations de tri et de traitement sur les animaux.

C´est en fait sur l´organisation du travail que le plus de données négatives ont été mises en évidence. Tout d´abord les conditions climatiques rendent le travail de l´éleveur pénible comparativement à un hivernage en bâtiment. Les manipulations des animaux peuvent également poser des difficultés. Pour y pallier, certains utilisent des concentrés pour les amadouer, l´écornage pour diminuer l´agressivité, l´utilisation de chiens de troupeaux ainsi que les incontournables parcs et systèmes de contention en vue de manipuler efficacement les lots.
Même si les enquêtes n´ont pas permis de bien quantifier le temps consacré à la surveillance, il apparaît qu´il serait supérieur comparativement à un hivernage en bâtiment, notamment au moment des vêlages. Pour alléger cette tâche, certains éleveurs enquêtés préconisent l´utilisation de 4x4 ou de quad ainsi que la réalisation de passages canadiens pour faciliter les déplacements entre les parcelles.

(Conduite des troupeaux bovins allaitants en hivernage plein air dans la région Limousin, réseau d´élevage bovin Limousin, avril 1999)

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