Réussir bovins viande 20 mars 2013 à 14h08 | Par F. Alteroche

Dossier - Manipuler en toute sécurité

Les tâches liées à la contention, au tri et à la manipulation des bovins sont susceptibles d’être très dangereuses. Prudence et installations adéquates sont deux règles de base à respecter.

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- © F. Alteroche
On est jamais assez prudent lorsque l’on manipule des bovins. Au-delà du problème évident lié au rapport de poids et de force entre un éleveur et ses animaux, la dimension de la plupart des cheptels, l’accroissement du ratio entre le nombre d’UGB et d’UTH et la quasi-généralisation des stabulations libres accentuent la nécessité d’avoir des installations de contention bien agencées pour limiter les risques.

« Pour moi, l’outil de base d’un céréalier, c’est le combiné de semis, celui de l’éleveur laitier, la machine à traire et celui de l’éleveur allaitant, l’installation de tri/contention/ embarquement », explique Christophe Lapalus, éleveur en Saône-et-Loire, pédicure bovin et formateur en manipulation contention des bovins.

Premier risque directement lié aux animaux


D’après la Mutualité sociale agricole, sans faire la distinction entre élevages laitiers et allaitants, les accidents du travail dans les exploitations bovines résultent de trois principaux points noirs. Arrivent au premier plan, les risques directement liés aux animaux (coups de pied, de tête, bousculades) au moment de leur approche, de leur tri, de leur pesée et de leur chargement pour le transport. Vien- nent ensuite les risques liés aux chutes et aux glissades, qu’il s’agisse de sols glissants ou du franchissement de barrières. Le troisième point noir est celui des risques générés par les cornadis, cages, portes et autres équipements responsa- bles de heurts et de coincements.

Parmi les causes moins importantes, en nombre, mais souvent plus graves par leurs conséquences viennent les chutes d’une grande hauteur (plaques fibrociment qui cèdent sous le poids d’un homme...), les accidents avec les engins motorisés ou animés par une prise de force (tracteurs, télescopiques, presses, distributrices, pailleuses, épandeurs...) et les accidents consécutifs à la manipulation des balles de fourrage.

En élevages laitiers, les lésions constatées sont assez diverses. Elles peuvent concerner l’ensemble des parties du corps et ces accidents ont souvent lieu au moment de la traite. En élevage bovin viande, les lésions observées relèvent fréquemment de fractures, fêlures et contusions des bras ou des jambes. Les accidents ont généralement lieu au moment de la manipulation et de la contention. « Au cours des formations à la manipulation- contention que propose la MSA, le public à la fois le plus demandeur, réceptif, intéressé et intéressant est celui des Bac pro, des BTS et des jeunes éleveurs nouvellement installés ou en passe de l’être », explique Pierre- Marie Joseph François, conseiller en prévention de la MSA de Bourgogne.

Pour lui, il y a eu ces dernières années chez certains jeunes, pourtant issus de familles d’éleveurs, comme un trou dans la transmission du savoir entre générations sur ce volet des connaissances sur le comportement et la manipulation des bovins. Dans les cursus de formation, les sujets techniques phares (alimentation, machinisme, zootechnie, fertilisation...) ont trop eu tendance à reléguer à une place subalterne ce volet important qu’est la manipulation/ contention des animaux.

Taux d’équipement jugé encore insuffisant


Qu’il s’agisse d’outils fixes ou mobiles, le taux d’équipement en outils de contention solides et bien conçus est jugé encore insuffisant dans nombre d’exploitations. « On voit encore des bâtiments neufs magnifiques conçus pour abriter 100 vaches voire davantage dans d’excellentes conditions pour lesquels aucun espace n’a été prévu pour la contention », déplore Christophe Lapalus. « C’est dommage. Cette analyse, je la partage d’ailleurs avec bien des vétérinaires et inséminateurs confronté comme moi, à ce même problème lorsque l’on doit faire des interventions courantes sur des animaux. »
Dossier

p. 29 : P.M. Joseph François, conseiller en prévention : le manque de passages d'homme demeure une grosse lacune

p.30 : Christophe Lapalus, éleveur en Saône-et-Loire : une contention fixe avec une passerelle

p.32 : Tarn et départements limitrophes : Coopelso travaille à la sécurité des inséminateurs 

p. 34 : Armel Baligand, éleveur dans la Sarthe : sécurité et gin de temps avant tout

p.37 : Thomas Banquart, formateur : la contention au féminin, une approche intéressante

p.38 : Jean Chauvergne, éleveur en Haute-Vienne : une cage de contention pour travailler seul

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