Réussir bovins viande 03 décembre 2015 à 08h00 | Par Emeline Bignon

Des puits d’hydrogène pour limiter les émissions de méthane

Cargill cherche à limiter les émissions de méthane émises par les vaches en ajoutant de l’azote non protéique dans les rations. Une solution testée et validée par l’Inra.

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L’idée est d’orienter le fonctionnement du rumen vers des voies métaboliques moins productrices de méthane, en modifiant la composition de la ration.
L’idée est d’orienter le fonctionnement du rumen vers des voies métaboliques moins productrices de méthane, en modifiant la composition de la ration. - © J.-M. Nicol

Incorporer de l’azote non protéique dans la ration des vaches permet de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Telle est la solution proposée par Cargill qui mène des travaux de recherche sur cette problématique depuis dix ans et qui vient de déposer un brevet. L’idée est d’orienter le fonctionnement du rumen vers des voies métaboliques moins productrices de méthane, en modifiant la composition de la ration. L’une des solutions consiste à enrichir la ration en lipides insaturées (sous forme de graines d’oléagineux par exemple). Une autre consiste à ajouter un additif, du nitrate, dans les rations pauvres en azote fermentescible à base de maïs ensilage. Validée par l’Inra, cette solution figure notamment parmi les dix actions techniques pour contribuer à la réduction des GES par l’agriculture, publiées en juillet 2013.

Mais de quoi s’agit-il exactement ? « Dans le rumen, les microorganismes impliqués dans la digestion de la ration fabriquent naturellement de l’hydrogène qui réagit avec le CO2 pour former du méthane et de l’eau », détaille Jacques Eouzan du service ruminant de Cargill. L’ajout de nitrates (azote non préotéique) via l’alimentation des vaches va jouer le rôle de puits d’hydrogène. « L’incorporation de puits d’hydrogène dans la ration permet en fait de capter les ions hydrogènes afin de réduire la formation de méthane normalement induite. » La nouvelle réaction en chaîne qui se produit dans le rumen aboutit à la formation de nitrite et d’ammoniaque, qui eux sont valorisés par la flore ruminale.

70 % du méthane émis par une vache est éructé

D’après Cargill, « incorporer 1 % de la matière de puits d’hydrogène dans la ration des bovins viande réduit les émissions de méthane de 13 % par kilogramme de matière sèche ingérée ». Pour étudier la question, la firme a notamment mené des essais en vaches laitières aux Pays-Bas, en recourant aux chambres climatiques de l’université de Wageningen. « Ce dispositif technique particulier permet de mesurer directement les gaz émis par les vaches », poursuit Jacques Eouzan. La quantité de matières sèches ingérées, la production et les taux, l’hydrogène, le méthane et les acides gras volatils ont été mesurés. « En laitières, il ressort un effet positif des puits d’hydrogène sur la production laitière et l’efficacité alimentaire. À un niveau d’apport ne dépassant pas les 2 % de la ration, nous n’avons pas observé de perturbation de la flore ruminale », note le spécialiste. Cette solution alimentaire qui sera apportée par le concentré ou le complément minéral vitaminique n’est pas encore commercialisée.

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