Machinisme 14 avril 2014 à 08h00 | Par Ludovic Vimond

Désherber au plus près du rang

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Désherber au plus près du rang

 

Sur les bineuses à socs, guidages et équipements près ou sur le rang permettent d'éliminer mécaniquement la grande majorité des adventices.

 

Afin de réduire les quantités de produits phytosanitaires appliquées et/ou les interventions manuelles, comme en agriculture biologique, les constructeurs rivalisent de solutions pour travailler au plus près des plantes. Pour y parvenir, deux façons : en positionnant précisément le châssis et en adoptant des équipements capables de travailler au pied des cultures sans les abîmer. Cette opération peut s'effectuer selon deux modes : manuel ou automatique. En comparaison à un guidage manuel par un second opérateur assis sur l'outil, la bineuse en position frontale limite les besoins de main-d'oeuvre tout en permettant au conducteur de suivre le chantier avec l'outil dans son champ de vision. À vitesse élevée, il est conseillé de prendre une marge de sécurité et d'écarter les socs des rangs. Également appelé autoguidage, le guidage mécanique consiste à utiliser comme guide un obus ou un disque qui suit une trace au sol réalisée par le semoir ou le précédent passage de bineuse. D'un coût de l'ordre de 5 000 euros, ce type de guidage ne convient pas toujours aux sols caillouteux ou légers, les pluies pouvant reboucher le sillon. Mais il permet de travailler jusqu'à 15 kilomètres à l'heure et à 5 centimètres du rang.

 

Guidage électronique pour travailler au plus près et plus vite

Pour plus de précision, il est nécessaire de passer à des techniques de pilotage électronique. Trois systèmes se distinguent : le GPS RTK, le guidage optique et le guidage par palpeurs. Connu pour sa répétabilité, le GPS RTK doit être utilisé au semis pour pouvoir repasser au même endroit avec la bineuse. D'une précision de 2-3 centimètres, ce système coûte au minimum 6 000 euros pour l'installation auxquels s'ajoutent plus de 1 000 euros d'abonnement annuel ou plus de 10 000 euros pour l'achat d'une antenne. Les guidages optiques et par palpeurs se composent d'un châssis porte-outils coulissant entre le tracteur et la bineuse. Les capteurs optiques ou les palpeurs sont positionnés sur la bineuse et pilotent le déplacement latéral de l'outil sur le porte-outils de façon à centrer sur le rang.

 

Le guidage par caméra précis en début de culture

Pour un prix de 6 000 euros, les capteurs optiques de type infrarouge se révèlent sensibles à la poussière. Plus coûteux (13 000 à 16 000 euros), le guidage par caméra -- le plus souvent double caméra pour une vision 3D -- offre une bonne précision (3-4 cm à 15 km/h) dans les premiers stades végétatifs. C'est pourquoi, il est souvent remplacé par des palpeurs dans les stades plus tardifs. En revanche, il se montre moins performant quand la culture est très sale. « Compter un à huit rangs par caméra, ajoute Charles Adenot du groupe Carré, même si nous recommandons de ne pas dépasser trois rangs. Au-delà, il faut multiplier les caméras pour garantir la précision : de plus, cela compense les éventuels soucis de levée sur quelques rangs. »

Travailler au plus près de la culture ne doit pas se faire au détriment de celle-ci, c'est pourquoi il est souvent nécessaire, notamment lors des premiers stades de délimiter la zone travaillée avec des protège-plants (tôles ou disques). Les tôles montées sur parallélogramme offrent une plus grande longueur de protection, mais usent plus vite que les disques. Ces protège-plants doivent être escamotés aux stades plus tardifs permettant aux socs d'avoir une action plus étendue vers le rang.

 

Des protège-plants pour éviter les projections

Pour aller plus près, certaines bineuses sont équipées de herses étrilles qui viennent « lécher » la culture, en plus d'émietter le travail effectué par les socs. Pour travailler sur le rang, Kress, importé par les Ateliers du Val de Saône, propose des moulinets combinant dents métalliques et dents caoutchouc pour remuer la terre au pied de la culture. Selon la culture, l'interrang et le type de sol, il existe différents diamètres et duretés de caoutchouc. Son concurrent Steketee, importé par Stecomat, propose des moulinets du même type, sauf que la partie métallique des moulinets est au-dessus de la partie souple, cette dernière étant en polyuréthane, résistant aux UV et à l'usure.

 

Des roues efficaces sur les cultures à racine pivot

Les prix varient de 450 à près de 700 euros par rang, selon le montage. « Ces moulinets peuvent être montés à l'arrière des éléments bineurs, sur leur propre bras, voire sur un bras flottant pour les sols très sableux », explique Errit Jansingh, de Stecomat.

Pour des cultures très fragiles, Steketee remplace les éléments en polyuréthane par des brosses en polypropylène, pour un tarif identique à celui des moulinets. Enfin, ce constructeur propose une autre solution pour les sols limoneux battants. Il s'agit de roues à double-rangée de dents métalliques en quinconce. Ces roues disposent d'un angle d'attaque réglable pour un travail plus ou moins agressif et sont montées sur suspensions ressorts à plusieurs positions. Affiché à 410 euros par rang, « cet outil est très efficace sur les cultures à racine pivot (tournesol, colza). On peut les utiliser dès le stade 3-4 feuilles sur maïs », détaille Errit Jansingh.

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