Réussir bovins viande 24 novembre 2017 à 08h00 | Par Sophie Bourgeois

De nouvelles références pour la valeur alimentaire de l’ensilage de maïs

Arvalis Institut du végétal et l’Inra ont mis au point de nouvelles équations de prévision de la valeur alimentaire du maïs ensilage. Deux nouveaux indicateurs permettent de préciser le devenir de l’énergie dans le tube digestif.

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- © Soizick Héloury

Ces résultats issus de quatre ans de recherche(1) sont déjà en place cet automne dans les laboratoires d’analyse. Ils seront prochainement intégrés dans les nouvelles tables d’alimentation de l’Inra issues du projet Systali (sortie prévue en 2018). « Les équations permettent d’améliorer légèrement la précision de la valeur énergétique du fourrage en resserrant un peu les résultats par rapport aux valeurs extrêmes », explique Alexis Férard d’Arvalis Institut du végétal. Les grandes valeurs UF ont été un peu écrasées, et les plus petites ont un peu diminué. Les valeurs PDIE sont quasi-identiques, juste un peu plus ramassées elles aussi par rapport aux anciens calculs. Une équation traduit désormais la diminution de la dégradabilité de l’amidon avec le stade de maturité du fourrage.

Les anciennes équations avaient été bâties à partir de résultats sur des variétés de maïs des années 80 et 90, et le matériel génétique a beaucoup évolué depuis. Les conduites du maïs ont aussi changé, avec des récoltes au-delà de 35 % de matière sèche de plus en plus fréquentes. Rappelons qu’à un moment donné, la variété a un effet sur la digestibilité de la matière organique d’au maximum 10 à 15 % seulement. Les facteurs qui la font varier le plus sont le climat, les conditions de culture, et le stade de récolte.

Ces travaux de recherche ont d’autre part introduit deux nouveaux critères : la dégradabilité de l’amidon dans le rumen et la digestibilité des parois végétales (= digestibilité de la partie non amidon : dMOna). Ces deux indicateurs permettent en un coup d’œil de visualiser la provenance de l’énergie d’un ensilage.

Alexis Férard d'Arvalis Institut du Végétal : " Les équations permettent d'améliorer légèrement la précision de la valeur énergétique du fourrage ".
Alexis Férard d'Arvalis Institut du Végétal : " Les équations permettent d'améliorer légèrement la précision de la valeur énergétique du fourrage ". - © Emeline Bignon

Choisir plus facilement la bonne complémentation de l’ensilage

Fait bien connu des éleveurs mais dont il était difficile de tenir compte dans la rationnement à partir des seules tables Inra, l’énergie apportée par l’ensilage de maïs provient à la fois de l’amidon et des parois végétales. En ce qui concerne l’amidon, qui est presque totalement digéré, la part digérée dans le rumen et celle digérée dans l’intestin peut varier très largement d’un ensilage à l’autre. En ce qui concerne les parois végétales, elles ne sont que partiellement digérées. Deux ensilages de maïs présentant une même valeur UFL peuvent avoir des dégradabilités de l’amidon dans le rumen et des digestibilités des parois végétales très différentes et nécessiter en conséquence des complémentations bien différentes (à régler en quantité de céréales ou d’herbe en général). Avoir accès à ces informations donne ainsi moyen de bien choisir les aliments complémentaires pour une ration à base d’ensilage de maïs à partir de son résultat d’analyse en laboratoire. La dMOna est d’ailleurs directement comparable à celles des autres fourrages tels que les graminées, les légumineuses, le sorgho.

Ces travaux ont aussi l’avantage de valider avec la dMOna un critère de mesure commun aux sélectionneurs et aux nutritionnistes sur la caractérisation de la qualité de la partie tige-feuilles. De quoi faciliter les échanges entre ces deux familles de spécialistes.

(1) Avec la collaboration de l’UFS section maïs et de la FNPSMS

Pour en savoir plus, brochure en téléchargement gratuit sur www.arvalis-infos.fr/


En cas de récolte tardive, l’amidon sera plus ou moins vitrifié et donc moins dégradable. L'idéal alors est de faire un petit silo à part que l’on pourra utiliser plus tard (au lieu de justement le distribuer en premier car il est sur le devant du silo). Ainsi, les enzymes grignoteront un peu l’amidon et l'éleveur peut bénéficier de cet effet positif du stockage.

- © Vincent Marmuse

Tenir compte de l’évolution dans le silo

La dégradabilité de l’amidon augmente au cours du stockage dans le silo. C’est un phénomène connu des éleveurs et conseillers mais encore difficile à exploiter. Il n’est pas intégré dans les nouvelles équations mais à partir d’un essai à la ferme expérimentale de la Jaillière et de la bibliographie, un calcul a pu être proposé. « Sur six mois, on peut gagner 5 points de dégradabilité de l’amidon sur un maïs récolté à 39 % MS par exemple, ce qui représentera 20 g d’amidon en plus disponible dans le rumen par kilo de matière sèche d’ensilage ingéré. Soit pour 10 kg MS d’ensilage distribué, l’équivalent de 500 g de céréales en moins à apporter dans la ration par rapport à celle distribuée juste après la confection du silo. »

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