Réussir bovins viande 25 février 2011 à 15h20 | Par F. d'Alteroche

Dans le Tarn - La mutuelle "coup dur " fait jouer la solidarité

A Graulhet, dans le Tarn, une mutuelle « coup dur » permet aux agriculteurs de se serrer les coudes lorsque l’un d’entre eux est confronté à une période difficile liée à une blessure ou une maladie.

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Nous avons créé notre mutuelle « coup dur » il y a trente ans. Aujourd’hui, elle rassemble la quasi-totalité des agriculteurs du canton, soit un peu plus de 120 exploitations », indique Bernard Rivière, éleveur de bovins viande à Graulhet, dans le Tarn et qui préside cette association d’entraide depuis qu’elle existe. L’idée de cette démarche organisée d’entraide bénévole entre agriculteurs fait suite à la maladie grave de l’un de ses voisins, producteur laitier, il y a un peu plus de trente ans. « On s’était alors relayé avec d’autres agriculteurs pour aider son épouse à faire le travail au quotidien pendant près de six mois. C’est à partir de cette expérience que nous est venue l’idée de mettre en place cette association. On a d’abord commencé par inviter tous les agriculteurs de la commune pour une réunion. Ils ont répondu présent et ont été partants pour ce projet. Quelques années plus tard on l’a élargie à l’échelle du canton. » Cette démarche rassemble des agriculteurs aux systèmes de production variés, à l’image des différentes productions de ce département : bovins lait ou viande, ovins, céréales, vigne… Ce n’est pas une question d’argent.Avec 5 € tous les deux ans, le coût de l’adhésion est totalement symbolique et il est utilisé pour le seul volet administratif du fonctionnement de l’association en sollicitant aussi les collectivités locales. « Nous avons désigné plusieurs responsables répartis sur le canton. Ils connaissent bien les exploitations de leur voisinage. Quand un agriculteur est malade ou blessé, il fait appel à son responsable le plus proche qui me contacte. Suivant la gravité de la situation, on avise. Si ce n’est pas trop grave et nécessite simplement quelques journées de travail pour le remplacer, ce sont d’abord les voisins qui viennent donner un coup de main en fonction de leurs disponibilités, mais si cela doit durer un peu plus, on agrandit le cercle des agriculteurs qui viendront dépanner de façon à ce que ce soit le plus équitable possible pour les uns et les autres. Dans les cas les plus graves, le bureau se réunit pour décider des suites à donner. »


DES REMPLACEMENTS TOTALEMENT BÉNÉVOLES


L’objectif est aussi de jouer sur les compétences respectives des agriculteurs et leurs plus ou moins grandes affinités pour telle ou telle production de façon à ce que ce dépannage puisse être réalisé dans les meilleures conditions possible. Si c’est un éleveur allaitant qui doit être remplacé, il le sera de préférence par un autre éleveur allaitant. Pour que ce dernier ne soit pas lésé dans l’avancement de son travail, il pourra lui aussi être secondé par un autre agriculteur par un jeu de chaises musicales s’il a des vignes à tailler ou des terres à préparer. Ces remplacements sont totalement bénévoles. Ils sont basés sur le seul principe de l’entraide et de la solidarité entre agriculteurs. « C’est un soutien professionnel, mais aussi moral. Quand un agriculteur est confronté à une maladie ou à un accident, il est très important qu’il sache que sa récolte a été rentrée et que ses animaux sont soignés. » Cette mutuelle peut être sollicitée à n’importe quel moment de l’année, mais le nombre croissant d’exploitations sous forme sociétaire fait aussi que cette mutuelle « coup dur » tend à être moins fréquemment utilisée. « Il y a quelques années, il était courant que quatre ou cinq agriculteurs nous sollicitent dans l’année. » C’est désormais moins fréquent. Bernard Rivière estime désormais ce chiffre à une moyenne de deux, voire trois demandes par an.

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