Réussir bovins viande 26 mai 2003 à 11h50 | Par Denis Lucas

Céréales et protéagineux - Valoriser ses céréales sans travail d´astreinte avec un laminoir en Cuma

Une installation individuelle de transformation de céréales implique souvent un travail d´astreinte quotidien. La Cuma de Montamy a investi dans des matériels à haut débit permettant de limiter l´astreinte à un coût intéressant.

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Depuis deux ans, la Cuma de Montamy, dans le Calvados utilise deux laminoirs mobiles pour la transformation des céréales et protéagineux. L´un est utilisé par trois adhérents, l´autre par quatre adhérents. « Le laminoir permet de traiter 20 tonnes dans une journée, explique Claude Maizeray, président de la Cuma, alors qu´avec un aplatisseur, on ne peut traiter que des petites quantités, ce qui implique de l´utiliser tous les jours ».
« J´utilise le laminoir un après-midi toutes les trois semaines, déclare Benoît Lenormand, autre adhérent de la Cuma. Je préfère utiliser un tel appareil à quatre, plutôt qu´un petit appareil individuellement. La taille de la trémie permet par exemple de charger au godet ». Le châssis de l´appareil reçoit également un convoyeur pneumatique qui permet d´aspirer les produits dans des cellules ou dans des tas en vrac. Une vis reprend le produit dessous le laminoir pour confectionner des tas. Claude Maizeray reconnaît aujourd´hui qu´un seul appareil aurait suffi pour les sept adhérents.
©D. Lucas


Un appareil qui traite aussi les oléoprotéagineux
« A l´époque, explique-t-il, nous n´avions pas de recul sur les performances de ces machines et sur la durée de conservation des produits laminés. Nous ne savions donc pas à quelle fréquence nous aurions besoin de les utiliser ».
Pour sa part, Claude Maizeray a parfois conservé des céréales laminés pendant plus de deux mois. Ses cinquante taurillons reçoivent une ration de maïs complétée par du blé et du lupin. Il a obtenu cette année des performances en taurillons, qu´il n´avait pas encore connues. « Mais on ne peut pas savoir si cela est dû uniquement aux céréales laminées », précise-t-il. Tous stockent leurs céréales laminées à plat et les reprennent au godet pour charger leur mélangeuse.

L´autre aspect qui, à l´époque, a motivé le choix du laminoir est la possibilité de traiter des oléoprotéagineux (pois, colza, lupin...). Depuis l´arrivée du laminoir, Alain Legentil, un des adhérents de la Cuma, utilise par exemple du colza laminé dans la ration complète pour l´alimentation de ses vaches et des bovins à l´engraissement. La ration des laitières comprend l´équivalent de 500 à 600 grammes de colza par vache tandis que les taurillons et les génisses engraissés en reçoivent 1,5 kilo.
De son côté, Benoît Lenormand a pu incorporer du pois dans la ration. « Auparavant j´utilisais un aplatisseur, dans lequel je ne pouvais pas passer de pois », explique-t-il. Le pois est mélangé à du blé avant de passer dans le laminoir. « Ce n´est peut-être pas l´idéal pour trouver le bon réglage de la machine », reconnaît-il.
L´année dernière, ces pois étaient trop secs et ont donc été pratiquement broyés en passant dans le laminoir. « D´habitude, un grain de pois laminé donne une galette de la taille d´une pièce de cinq francs ».
©D. Lucas


Moins besoin d´acheter des aliments concentrés
Ses vaches laitières reçoivent environ 2 kilos de pois et 1 kilo de blé. Les veaux reçoivent également de ce mélange au sevrage, en remplacement de l´aliment jeunes bovins. Les vaches de réforme en finition en reçoivent quatre kilos.
Au total, Benoît Lenormand lamine 80 tonnes de céréales et protéagineux chaque année. « On achète moins de concentrés », conclut-il.

Pour près de 400 tonnes traitées par an
Le laminoir a été acheté 26 526 euros HT. « Certains d´entre nous faisaient appel à une entreprise qui facturait cette prestation 2,74 centimes par kilo », explique Claude Maizeray. « Nous avons donc calculé qu´acheter nos propres machines nous reviendrait beucoup moins cher ».
La machine a traité 350 à 400 tonnes de produit en 2002. Les quatre adhérents paient une part fixe de 1000 euros par an qui correspond au remboursement de l´emprunt sur sept ans qui a servi au financement de la machine. Le coût du laminoir est donc estimé à 1,07 centime d´euro par kilo. Pour l´instant, la machine n´a pas demandé d´entretien. Les adhérents estiment pouvoir l´utiliser 15 ans sans problèmes.

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