Réussir bovins viande 23 août 2013 à 08h00 | Par François d'Alteroche

Aller vers des relations plus suivies entre France et Italie

Pour pallier la tendance baissière du flux des broutards vers l'Italie, des relations plus suivies doivent être mises en place.

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« On ne sait rien du passé sanitaire de vos broutards quand ils descendent des camions. » remarque Daniele Bonfante.
« On ne sait rien du passé sanitaire de vos broutards quand ils descendent des camions. » remarque Daniele Bonfante. - © F. d'Alteroche / archives

2012 a vu un recul des exportations françaises d'animaux maigres sur l'Italie. Pour la campagne à venir, le volume des échanges continue à être menacé par une consommation italienne mal orientée. Avec des broutards achetés à des tarifs conséquents entre juillet et octobre, les marges ont été négatives sur certains lots. Les pertes peuvent aller jusqu'à 200 EUR par tête. « Les comptabilités de certaines exploitations sont dans le rouge », reconnaissait d'ailleurs Daniele Bonfante, directeur d'Azove, coopérative du Veneto commercialisant 50 000 animaux finis/an. Il s'exprimait à l'occasion de l'AG de Socaviac - Feder. Pas de catastrophisme pour autant. Oui, la production italienne diminue, mais elle ne va évidemment pas cesser du jour au lendemain.

Daniele Bonfante, directeur d'Azove, coopérative du Veneto.
Daniele Bonfante, directeur d'Azove, coopérative du Veneto. - © F. d'Alteroche

Connaître le passé sanitaire des broutards


À une époque, considérées comme concurrentes de l'engraissement pour l'utilisation du maïs, les nombreuses unités de méthanisation mises en place dans la plaine du Pô sont désormais analysées comme autant d'atouts. Elles diversifient les activités et sécurisent les rentrées financières, d'autant que contrairement aux jeunes bovins, le prix de rachat de l'électricité est contractualisé et sur une longue durée. De plus, un méthaniseur ne fonctionne pas uniquement avec de l'ensilage. Il gagne à être associé au fumier et/ou au lisier.
Pour autant, Azove souhaiterait travailler de façon plus étroite avec ses fournisseurs. « On ne sait rien du passé sanitaire de vos broutards quand ils descendent des camions. » Les mêmes traitements sont donc le plus souvent réalisés deux fois à quelques semaines d'intervalle chez le naisseur puis chez l'engraisseur.
Mieux répondre à la demande passerait aussi par davantage de broutards écornés. Les cornes cassées compliquent la gestion des lots avec des risques accrus d'atteintes sur les muscles lors du transport vers l'abattoir. Un nouveau service qui pourrait aussi sécuriser les débouchés comme ce fut à une époque le cas pour le broutard non OGM. Difficile d'inciter les naisseurs à écorner sans carotte financière. « Elle pourrait avoisiner une quinzaine d'euros par tête », avançait Raphaël Colas, responsable du site de Villefranche d'Allier pour le groupe Feder.

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